Rando Limousine 2006



La Corrèze et ses paysages superbes sont tentants au mois de mai. La neige a enfin fondu mais le cagnard n'est pas encore installé. Le rêve quoi. Le compromis idéal pour rouler au frais entre potes.

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Toutes les photos prises par les Frappadingues
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La Rando Limousine devient une tradition chez les Frappés. Cela fait de nombreuses années que quelques uns la fréquentent. Pour d'autres il s'agit de leur première. Chacun y part avec un a priori que ce soit sur la difficulté, l'accueil tant venté ou encore le souvenir de la précédente édition.

Tout commence donc le mercredi. On part de Paris chacun à son rythme. René et Loïc, ainsi que Gihel et Fifi sont partis tôt. Ces derniers ont même fait une pause à Limoges explique Fifi "pour acheter quelques bières dans une brasserie artisanale. Ils font de la blonde, blanche, ambrée et brune. On leur en prend 6 de chaque. Le gus nous fait répéter 4 fois que c'est bien 24 bouteilles de 75cl qu'on veut. Oui, oui. En plus pour le coup, on en a deux gratos. Les deux cartons sont un peu lourds à ramener à la voiture, mais on est motivés. Arrivés au gîte, on repart au "centre-ville" pour manger au restau où on retrouve René et Loïc et une grande tablée de Belges ainsi que l'équipe de Pascal Pacquet. Serrages de louches multiples. Le repas est bon."

D'autres ont du attendre la fin du boulot pour partir. Comme Pif à quatre dans le Kangoo : "Claire, Pierrot, Poussin et moi. Nous sommes arrivés vers 0h30 à Chamberet. Nous reveillons les poules ronfleuses, pour récupérer notre clé." Quelques errances au milieu des gîtes plus tard, tous les frappés sont dans leur home sweet home pour deux jours. Le lieu est tranquille, entre pâture de chevaux et boccage limousin. Et pour tout vis-à vis: le silence de la campagne et son ciel étoilé. Cela augure du bon pour le lendemain.




Jeudi - 53km Corrèze Chamberret

Le lendemain, la chambrée des fous se lève super tôt, va prendre son petit dèj' au sprint. Quand on [Pif, Claire, Pierrot] arrive après s'être levés tranquillement une heure plus tard, ils ont déjà fini de manger. Le temps de se préparer, on arrive aux voitures, ils sont tout stressés.

On part avec les voitures pour aller les poser à Corrèze, et 2km plus loin, l'Espace de GiHel, qui mène le convoi, s'arrête. Après une bagarre GPS contre carte routière, qui voit logiquement gagner le bon vieux papier, nous arrivons jusqu'à Corrèze, jolie bourgade en fond de vallée. Les vélos réglés, il est temps de prendre café et croissant avant de prendre la route. C'est difficile la vie d'un cycliste dans une rando organisée !

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Le départ de Corrèze le jeudi se fait sous un ciel couvert, et une température un peu frisquette, mais ça va. On est tous en maillot vert, et on part après avoir retrouvé Bruno, le Frappabelge, et salué pour certains, cousins et cousines. "D'entrée, GiHel et Loïc filent devant, Poussin et Fifi font les yoyos et Claire et moi restons à peu près avec le tandem de Pierrot et René"

Pour Pierrot d'ailleurs, c'est la découverte d'un nouveau cap'tain: "C'est court, et à la fois long, pour un duo mixte dont les habitudes de chacun ne sont pas encore intégrées. On va se coller en quelque sorte à la peau pendant quatre jours ! Aux premiers coups de pédale, un rythme bien sympathique se met en place tout doucement. René plein de bonne volonté compose avec mon tempérament escargote. Escargote qui de surcroît veut se la jouer tranquille et profiter des vacances terminées."

Les paysages sont superbes, très bucoliques. Et lorsque que le premier ravitaillement arrive au bout d'une quinzaine de bornes, je suis rassurée par la difficulté. Lorsqu'il y a des petits singles un peu durs pour le coeur, on est sur de descendre ensuite ou de rouler sur un chemin large. Donc on peut récupérer au milieu des vaches et des pâquerettes. Il y a pire. On retrouve sur une hauteur les autres pour se faire tirer le portrait en plein effort, tout va bien: "ça avance, tranquillement, mais sûrement pour Claire et à peu près pareil pour le tandem. Mais on est déjà clairement positionné sur l'arrière, ce qui sera le cas pour l'ensemble du week-end. Y'a de bon moments: soit de belles grimpettes, soit de bonnes descentes. C'est d'ailleurs dans ces descentes qu'on redouble ceux qui nous passent en montée."

On arrive au repas du midi dans les derniers. Il ne fait pas chaud, on ne s'attardera pas trop. Le rosé et le rouge sont costauds, et la salade piémontaise bien assaisonnée.

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"On repart, toujours dans la queue de peloton, et toujours le même temps. C'est bien dommage d'ailleurs, puisque vu notre faible vitesse (comparée à celle des avions de devant), on a le temps d'apprécier le paysage." Pendant ce temps Fifi a rencontré des Réthais que l'on suivra toute la rando et "aussi un gars qui est sur la liste limousine mais n'y parle jamais. Il habite trop loin de Limoges pour rouler avec les frappés. Du coup, il fait la Rando Limousine. Je n'ai pas retenu son nom. Je dépanne aussi un autre Génius dont j'avais rencontré le propriétaire l'an dernier. Son amorto semble mal en point. Je lui file ma pompe haute pression. Apparemment, l'amorto paraît récupérer pas trop mal, il survivra."

Plus loin, je commence à avoir sacrément mal au ventre et ça empire au fur et à mesure. Quelques vomissements plus tard, nous sommes en haut d'un sommet mais avons pris beaucoup de retard. Avec ces intermèdes gastriques, on s'est retrouvé bons derniers, et du coup, on discute de temps en temps avec le débaliseur en moto, très sympathique. On le retrouvera chaque jour, histoire de taper la discute, bien sur.

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Une superbe descente plus tard, nous ne sommes plus les derniers et mon moral remonte jusqu'à la dernière montée. Je traine péniblement le Lapierre à coté de moi alors que Pierre adore: "C'est un beau coup-de-cul en single, sur une terre meuble jonchée de branches en travers: miam !" Fifi est plutôt d'accord avec moi : "Le matin, j'ai été un peu optimiste et j'ai tiré un peu grand. Résultat, j'arrive rétamé le soir, j'ai un mal de chien à monter la dernière petite côte. Bon, ayé, je me jette sur le lit. Il paraît que je fais peur à voir. Bon, je vais laver le vélo aux écuries d'à côté.

Une fois tout le monde bien propre, il est l'heure de l'apéro : c'est bière Limousine et Belge à l'honneur, mais comme dit Pierre "Faut se rendre à l'évidence: les limousins savent faire de la viande, mais pas de la bière... "

Fifi avoue tout de même que "les belges sont morts de rire et c'est vrai que la limousine ne fait pas le poids à côté des leurs. Une heure plus tard, il doit y avoir une trentaine de cadavres sur la table, plus la Mortadelle et le fromage belge, on est une douzaine autour à discuter. Même Jean-Marc passe boire un coup et se fait engueuler parce qu'il a du boulot ! A côté, y a quatre gus qui ont chacun une petite bière, la différence est assez marrante. Bon allez, on va voir au gymnase le discours du chef. On a raté le groupe folklorique. Rhô ba y a un apéro, bien obligé d'y aller, on ne mange qu'à 21h. Enfin, à table. Mais là, je m'aperçois que mon appareil photo a disparu, j'ai dû le laisser quelque part. Après quelques recherches, il revient tout seul, une dame l'a trouvé sur une table. Faut que j'arrête la bière, moi."

Les départs sous la couette sont rapides pour la plupart sauf pour deux trois amateurs de petits "Pschoutt" de Rhum.

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Vendredi - 68 km Chamberret - Taisse

Les portables en mode réveil sonnent à Chamberet: il est 7h30. Petit-dèj'.
Nous avons de la chance de ne pas être dans un gîte avec les mecs car un "commando anti-ronflement" a sévi contre Fifi et René. Pose des sacs pour transfert dans le gymnase, papotage avec les gens, et là, Fifi indique qu'il a le peson dans le sac... Un appareil de mesure de poids, dans un gymnase truffé de vttistes, imaginez l'affluence au stand frappadingues ! Nous sommes indécrottables ! A noter que René a eu un peu de mal à soulever le peson et le tandem accroché en-dessous...
Bien évidemment, c'est Poussin qui a le vélo le plus lourd, et encore, il a cherché à gagner du poids en virant le GPS juste avant la mesure..

Enfin bref, on monte sur les vélos, on sort du gymnase, et là: bruine, voire fine pluie ! Ca va être terrible.
"Mais normalement la météo a prévu du beau temps pour l'après-midi, c'est pourquoi on s'est habillé légèrement: maillot + veste.
On part en groupe, et le même schéma de positionnement s'installe: Loïc et GiHel devant, Fifi et Poussin en yoyo, le tandem, Claire et moi derrière."

Question paysages, avec la pluie, et les nuages encore plus bas que la veille, on ne voit plus grand chose: de l'herbe bien verte, des vaches, de l'herbe, des vaches...

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Le terrain est boueux, mais pas trop dur à rouler: ça pourrait être pire. On monte, on descend. On descend quand même un peu plus prudemment que la veille à cause des cailloux et racines glissantes.
(Pierrot) "Une fine pluie s'installe et l'espoir qu'elle s'arrête est mince. Mais, ce n'est pas pour rien que le Limousin est si vert et les vaches limousines si racées. Hé hé ! Nous attaquons un paysage plus aride, des chemins plus pierreux bordés de bosquets de genêts. Des forêts de sapins, noires et sombres dans un ciel lourd. Nous glissons avec le tandem dans des ornières humides où mon pied prend un bain de boue…"

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"A un certain moment, je reste avec le tandem pendant que Claire file devant avec nos copains belges. Malheureusement, plus loin, il y a un guet, et Claire s'est gauffrée dans la rivière: quelques pets au genou, à l'épaule et au coude, un compteur de vélo parti contrôler la vitesse des truites et surtout, une minette des bois toute mouillée ! Heureusement, elle a un t-shirt en rab, et je lui refile ma veste. Du coup, je force un peu plus dans les montées pour rester à température. On continue, les douleurs au genou gênent un peu Claire, mais c'est correct."

Fifi vit la même chose de son coté : "Curieusement, malgré le temps pourri, ce sera ma meilleure journée des 4 jours. il faut dire que je mouline grave, je m'économise. Du coup, je suis rapidement à la fin, surtout dans les montées que je fais très calmement, mais j'en double un maximum dans les descentes. Le tandem du couple Belge prend vite l'habitude de reconnaître le sifflement de mes M4 et s'écartent pour me laisser passer en descente avec un "vas-y Fifi, montre-nous ce que tu sais faire !". Quand je me fais doubler en montée, on m'encourage souvent "courage, Fifi!" Vive le pseudo au dos du maillot."

Après un petit bonjour matinal au charmant débaliseur, le moral remonte alors que nous doublons quelques retardataires dans les descentes. Encore des Belges !
Quelques très bons moments jalonnent le parcours à cet endroit. Deux trois descentes un peu techniques dont le long de la rivière, superbe. On tape la discut' et on retrouve également le tandem frappé. Encore mouillée j'accélère un peu en direction du ravito où l'on retrouve tout le monde. Dont Loïc, qui a ...
...cassé !

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Pour Pierre la tradition est bien perpétuée "Une branche a tordu la patte de dérailleur, qui est allé s'enficher dans les rayons: un dérailleur en moins, une patte en moins. Le mono-vitesse sous la pluie et dans la boue étant assez limite, il préfère arréter." On arrive un peu plus tard au repas après une superbe descente, sous une halle de marché aux bestiaux: on est à l'abri de la pluie, mais pas du vent. "Cette fois-ci, Claire évite la salade piémontaise, mais est frigorifiée. Fifi plus prudent que nous au niveau équipement, lui refile une polaire. Ca va mieux. Mais les chaussettes sont toujours mouillées (pour tout le monde, puisque le guet a obligé à se mouiller)."

On repart, sous la flotte, qui a redoublé, pas trop motivés, mais envie d'arriver rapidement. Côté paysages comme dirait Pierre : "c'est vaches, herbe verte, vaches,..."
Côté ambiance: on commence à bien connaître les participants de queue de peloton, et ça se passe pas mal. Les dépassements sont courtois, ça rigole (même si le moral est un peu dans les chaussettes, mouillées), ça se dépanne. Nous nous faisons des camarades dont les fameux Réthais de Fifi et un couple de Belges en Stumpjumper FSR qui donnent tous les tuyaux du vélo. [ça pourra servir pour plus tard]

Le retour sur Taisses est enfin là. Le camping est près d'un lac donc on devrait logiquement finir par une descente. Que neni. A moins d'un kilomètre de l'arrivée, une petite montée, slalom entre les arbres, finit d'achever mon genou droit. Le site est très chouette comme l'indique Pierre "en plein milieu de la forêt, avec 68 bornes au compteur: record de distance battu pour Claire, quel que soit le mode (TT ou route). Avec 53 la veille, ça commence à faire. Elle file donc récupérer les clés pour se doucher et moi j'attends pour laver les vélos. René m'apporte une bière pour me faire patienter, mais je ne lui lave pas le tandem pour autant: il est trop petit le verre !"

Pendant que d'autres s'arsouillent, je gère un léger problème d'intendance au niveau du gîte. En gros, je récupère le lit deux places. C'est mieux quand on est en couple. Et comme la veille, le ballon d'eau chaude est disjoncté. Hors de question de reprendre une douche froide, nous profitons donc de l'eau chaude du gîte des mecs. "Pendant ce temps, Loïc répare son vélo, aidé de Gihel. Loïc a entamé un trafic pour récupérer un dérailleur auprès des Belges après avoir tenté de désosser d'autres spads dont les propriétaires étaient moyennement d'accord."(Fifi). Poussin commente le tout et sert des bières. Avant de faire "comme d'hab', réparer son Rocky Mountain. René lui, passe dans le vide sanitaire pour récupérer une clé qui est tombée à travers les lattes de la terrasse..."

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On file ensuite se restaurer. Je paye mon coup pour le record. Et on engouffre des kilos de pâtés le temps que le plat principal n'arrive. L'ambiance du repas est bien sympathique avec un moment mémorable durant lequel Poussin montre tout son talent d'informaticien: 2h pour brancher un appareil photo sur un ordi ! Une fois cela fait, la séance photo des deux premiers jours réjouit tous les participants.
"Comme la moitié de la salle, on se sauve au dessert" (Fifi) : on a le droit à l'accordéoniste et sa femme qui entonnent "Le petit vin blanc". En passant devant le lac, on a l'impression de se retrouver en Ecosse. Jean-Louis nous apprend à faire des photos avec 30 secondes d'ouverture, le résultat est vraiment pas mal.

"D'ailleurs la nuit claire laisse augurer de meilleurs auspices pour le lendemain. On se retrouve à discuter sous l'auvent du chalet en goûtant le fameux "pschoutt" de Pif. On passe des coups de fil de collégiens en se marrant comme des baleines aux autres qui pioncent dans les différentes randos." Dernière petite bière avant d'aller se coucher. Le crachin ayant cessé, peut être que nos affaires seront sèches demain. On apprécie d'ailleurs énormément les radiateurs du chalet.

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Samedi - 65 km - Taisse -Taisse

7h30 le samedi, rebelotte pour les portables en mode réveil. Petit dèj' avec la troupe, sauf René qui joue son associal. Puis arrivent les Limousins: Seb (Bonhomme de neige) et David, puis Pascal et Thomas. Présentations entre ceux qui ne se connaissent pas, essai du Trance de Pascal, et attente sous le soleil !

Côté température ça s'annonce pas mal. Voire même plutôt pas mal ! "J'étais en manche longue, je les troque 15mn après contre le sans-manche: trop chaud à même pas 9h15..."(Pif). Fifi aussi "a la présence d'esprit d'aller reposer quelques épaisseurs au chalet et prendre les verres foncés des lunettes. Une des voitures arrive en retard car un spad est tombé sur l'autoroute ! En fait, il est resté accroché à la remorque et n'a pas touché la route, ouf. Je compte 14 maillots verts, grosse concentration."

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L'escouade frappalimousine est composée de David, Olivier, Pascal, Thomas et votre scribe.
Ils ont déjà 2 jours de rando dans les papattes dont une journée pénible la veille avec une humidité et un brouillard tenace sur la journée... Aapparemment nous avons bien joué le coup puisque le soleil semble au rendez-vous... Une belle journée s'annonce même si les brumes et brouillards matinaux ne sont pas encore dissipés par un soleil encore timide.
David négocie un petit dej' avec l'organisation tandis que nous nous préparons gentiment. Notre ambassadeur a sa question habituelle sur le bout de la langue et oui il se lance : quelles sapes pour aujourd'hui ? Moufles ou surchaussures, Goretex ou strip ? Le pauvre est perdu et se lance dans une consultation effrénée de son entourage. Les frappés arrivent peu à peu... Poussin se fait remarquer par sa tenue caliméro par rapport au reste de la troupaïlle.

Le départ tarde un poil et je me dis dans mon for intérieur qu'une demi-heure de sommeil supplémentaire aurait été pas mal à la place d'attendre certes au soleil, entouré de verdure et en joyeuse compagnie mais bon levé 5h30 c'est dur ! Il est donné tranquillement. Le premier bouchon se forme à quelques encablures en la présence d'une barrière (contournable). Cela constitue pour le GO une excellente occasion de dégainer son APN afin d'immortaliser en binaire le moment. L'allure est modérée sur des chemins forestiers agréables et Poussin me rattrape puis me double pressé qu'il est de jouer au lièvre. Pour ma part, je me tiens à mon idée, à savoir bien profiter du paysage enroulant tranquillement... Enfin tant qu'une montée ne se présente pas sous mes crampons verts. Le bagnard est devant tandis que les 3 autres sont justes derrière. Nous retrouvons un étang aux reflets verts et bleus, n'ayant pas pris l'APN, je le regrette car il y avait assurément une belle photo à faire. Le terrain est peu technique et donc particulièrement propice à un échauffement en douceur : en parlant de température, il ne fait pas encore une température extrême notamment à l'ombre mais cela aurait tout le temps de grimper au fur et à mesure. Quelques petites côtelettes sont l'occasion de forcer un peu sur le bonhomme, puis de ralentir un peu pour attendre mes acolytes. Pascal prend quelques photos en roulant, démontrant sa technique hors paire en toutes circonstances. Le ravito arrive assez vite, au bord d'un autre étang, il y a foule et la table s'avère un peu petite pour pouvoir se servir à l'aise, bon on fait avec, on discute tranquillement, on voit les retardataires arriver les uns après les autres.

La seconde partie de la matinée s'avère un peu plus accidentée. Elle commence par une descente que je finis sur les freins. Un gué profond, pierreux et large de 5 à 6mnous invite à une caresse rafraîchissante. Malgré le sympathique panneau : « Pédiluve obligatoire » nous déclinons l'invitation, préférant emprunter le pont plus banal mais plus prévisible. S'en suit quelques montées où je commence à mettre les watts, je ressens une petite pointe au genou droit, je n'insiste pas trop sur un gros braquet, revenant mouliner plus sagement. Je rattrape Gihel parti un peu devant tandis que Poussin a filé depuis des lustres. Je suis Gihel sur une superbe descente en lacets larges dans un bois de conifères, c'est magnifique, mes yeux ne peuvent prendre la dose maximale de contemplation, puisqu'il faut rester concentré mais c'est tout de même un régal. Un petit bout de route, un franchissement de pont et nous retrouvons une montée, un peu plus longue, je remets du rythme pour finir fort et propre. Je profite du sommet pour boire un petit coup car la chaleur commence à s'installer tandis que David n'est pas loin suivi de Gihel, Olivier, Pascal et Thomas. Le terrain se fait alors moins vallonné mais tout aussi forestier, quelques passages humides nous obligent à choisir nos trajectoires, Quelques participants nous redoublent... Un peu régulièrement les mêmes. Je repère une petite brunette, mignonne et musclée qui se débrouille fort bien avec son engin. On ne s'attarde pas trop quand même car nous ne sommes pas de là-bas et nous repartons groupés... Pas pour longtemps car le terrain se met à nouveau à jouer du toboggan, une ambiance de pourrissage s'installe, entrecoupée de touchés de pneus et autres atterrissages au centre de flaques d'eau. Je retrouve Poussin fier des 9 minutes d'avance. No comment. Je pose mon attirail et je passe prendre des nouvelles auprès de mes camarades cheminots de Bonnac. Le moral n'est pas au beau fixe car Patrick a un coup de moins bien aujourd'hui et forcément c'est moins drôle. Une pelouse agréable permet de se restaurer tranquillement, l'occasion de discuter et profiter du beau temps. La pause se prolonge et c'est ma foi fort agréable. Pour un peu je ferai bien une sieste au soleil tiens ! Comme toute bonne chose, il y a une fin et nous apercevons Poussin qui se débat avec son RM... Encore un mauvais choix, il aurait mieux fait de prendre le Top bike... Avec, c'est certain, il n'aurait pas eu besoin de déballer l'intégralité de son sac et de sa boite nesquick. Son opération à écrou ouvert s'éternise et le départ est donné avant qu'il ne remballe... Je me dis que le sieur aurait mieux fait de mettre les 9 minutes de tout à l'heure à un meilleur profit.

Les premiers tours de manivelles se font douloureux pour pas mal d'entre nous, de mon côté j'essaie de mouliner pas mal car mon genou me lance quand même. Rapidement, une belle descente technique en lacet nous attend, beaucoup n'en profitent pas autant que possible car ça bouchonne un peu partout, vu le départ groupé. Quelques téméraires et bons descendeurs prennent carrément un short-cut drée dans le pentu... Impressionné je suis. En fond de vallée nous changeons de versant et je mets les gaz sur un terrain rendu instable par l'élément minéral très présent. J'en profite même pour me vautrer quasiment à l'arrêt, n'arrivant pas à déchausser du droit (je manque de souplesse et d'angle avec mon tendon d'Achille recousu). Je repars de plus belle et j'attaque bien fort, jouant un peu la mobylette parmi les vététistes encore assoupis par la pause méridienne. Je rattrape peu après les Bonnacois avec qui je roule jusqu'à une superbe descente en bas de laquelle nous bifurquons à gauche en sens contraire du balisage. Non pas d'erreur Monsieur Lesieur, c'est normal, c'est le cadeau bonus du jour : un petit détour pour un point de vue magnifique (les mots ne peuvent le décrire, attendons les photos) sur les Gorges de la Dordogne en amont du barrage de Chastaing : les versants feuillus encadrent un large serpentin azur sous la bienveillance des lointains Monts du Cantal : Puy Mary, Puy Violent, Puy Chavaroche et leurs compères. Nous nous attardons un moment pour prendre des clichés et ça vaut le déplacement. Nous repartons tout de même, Gihel me tasse gentiment, m'obligeant à faire une petite acrobatie de déchaussage (je n'avais pas spécialement envie de retomber sur le flanc) tandis que la nana qui me suivait n'apprécie que modérément les farces et attrapes de mes camarades taquins. Le chemin suit les Gorges pendant un petit moment sur une montée longue mais moyennement pentue. Elle me reste quand même dans les jambes, ayant donné le maximum. Je m'arrête à un autre point de vue sur la Dordogne, toujours aussi magnifique avant de plonger vers le fleuve par une route bitumée sur laquelle je m'attache à rester au contact d'Oliver et David. Les freins couinent pas mal mais ils répondent, c'est ce qu'on leur demande ! Nous quittons la route par un étroit chemin raide, je cafouille dans les plateaux et je me retrouve la chaîne sur la boite de pédalier... J'ai peine à monter et je gène Pascal et Thomas qui arrivent. Je redescends, je remets la chaîne au bon endroit et hop c'est reparti. Je double jusqu'à revenir au contact de David qui a la bonne idée de planter son virage m'obligeant à prendre une trajectoire trop tendue. Mon braquet excessif ne m'aide pas et Pascal peste contre les boulets qui s'arrêtent à tout bout de champ... Hein quoi mouaaaa? Non sans rire ?Je me re-hisse sur les pédales et je fais tourner la mobylette tandis qu'on sent tous que cette côte va faire mal, vu d'une part la descente précédente,longue et d'autre part les pierres qui roulent apportant leur lot de surprises au niveau pilotage. Certains sont à pieds et je les comprends car après 2 jours d'efforts, ce n'est pas tout à fait le même topo ! Cette côte infernale débouche sur une route, la flèche indique ostensiblement le côté montant, donc pas d'espoir, il faut encore appuyer. Je dépasse Pif juste avant la fin, à fond mais un peu limite, je n'aurais pas tenu ce braquet 300m de plus. Un bref répit ne me permet pas de récupérer, je sens même un début de point de côté et mes quadriceps se durcissent lorsque la pente s'incline à nouveau une dernière fois. Le parcours continue sur un plateau légèrement venté et nous tombons sur le ravito, avec un comité d'accueil hors pair nous prodiguant maints applaudissements. Les tables sont prises d'assaut et j'ai peine à glaner quelques boissons pour compenser les pertes élevées en eau. Nous discutons entre frappés en attendant le reste du groupe, apprenant qu'à l'arrivée, il n'y a pas de ravito, je mange un peu quand même par précaution. Même notre bricolo professionnel finit par arriver.

Nous repartons tous ensemble et Poussin s'arrête déjà. Le faux plat descendant se transforme alors en belle descente, en tête mais entendant une voix forte derrière je m'arrête. Je n'ai pas rien compris mais je vois tout le monde débouler donc je recolle au train et sur la montée suivante, je remets une bonne dose en essayant de gérer quand même... Hummm pas facile de rester raisonnable ! Presque 50 bornes au compteur, je décide de continuer mon bonhomme de chemin jusqu'à l'arrivée à mon rythme sans exagérer... Ben oui le paysage ça compte aussi. Je redouble pour la nième et dernière fois la petite belette mignonne sur de jolis passages en sous bois. La forêt reste constamment présente sur la rando,c'est vraiment un coin très vert et très feuillu. Dans un petit village, un garçonnet s'approche et me tends une pompe de pin, ah que c'est mignon la jeunesse. Le parcours emprunte alors des bois peu accidentés avec des chemins assez large mais parfois humides. En passant un peu vite, un effet rafraîchissant s'opère sur une partie de l'anatomie du bonhomme,malgré la chaleur, la sensation n'est pas forcément des plus agréables mais bon faut que ça reste du vtt et pis... la Tazenat, les Ours... Et tout et tout Je peux remettre la plaque sur quelques portions roulantes, j'entends distinctement la transmission signaler le manque de lubrifiant, je dois me résoudre à finir dans l'état. L'arrivée est proche, l'étang de Taysse est en vue,pour la dernière portion bitumée, je bloque pour la première fois la foufourche et je passe en danseuse jusqu'au lavage vélo.

Les autres arrivent peu à peu, après une douche, nous avons le privilège d'être convié à un apéro de Monsieur l'ambassadeur qui fait les choses en grand !Nous devisons dans l'herbe, en sirotant boissons et en grignotant amuse-gueules. Au final, nous avons vu de beaux vélos, quelques tandems sympas à voir à l'arrêt et en action. Une bien belle journée, de beaux souvenirs, des visages sur les pseudos des Parigots, rendez-vous pris pour l'an prochain... avec le même temps du samedi !

Enfin le départ est donné et le schéma classique est repris à quelques différences près: Poussin file en éclaireur, les Limousins suivent plus ou moins GiHel, Loïc et Fifi, Pif et moi filons devant le tandem : "Le matin est prévu roulant. Effectivement, ça descend peu, avec parfois un bon single dans la forêt, et ça monte parfois avec coup de cul, cailloux, bref la totale pour s'éclater: après cette montée d'ailleurs, alors que je repars avec le tandem, Claire file devant en s'arsouillant avec les gars avec qui elle a monté le coup de cul. Ils en profitent pour la chambrer sur son frein avant qui couine. Et quand j'arrive c'est moi qui me fait engueuler par le cousin de GiHel, façon: "on veut bien se tirer la bourre avec elle, mais avec ce couinement c'est pas humain!" La gamelle dans la flotte la veille avait un peu désaxé la roue, plus les plaquettes à écarter, et c'est reparti. "

De son côté, l'équipage du tandem avance: "René semble emporté par la frénésie d'un rythme plus rapide. Mais le parcours plus accidenté me déstabilise sur le tandem, le bestiau a tendance alors à tanguer car mon pied droit toujours bien clipsé sur la pédale se déclipse tout seul. Le gauche reste toujours déclipsé en descente-rodéo à cause de mon arthrodèse de la cheville. Je me retiens comme je peux au guidon mais la caillasse tabasse effectivement et je serre la selle entre les cuisses pour rester stable. Une cadence type 'descente au marteau-piqueur' est en marche. Mais avec ce beau temps, je ne suis plus en phase avec mon compagnon de route. Je ne suis pas du tout décidée à me débarrasser de la randonnée comme ça. Si je peux prendre le temps de gambader dans la campagne ou dans les églises pour prendre des photos, je serais plutôt contente. En somme, je veux profiter de la balade, certes sportive, mais balade tout de même ! Je ne suis pas si pressée de rentrer au gîte. Petite pause sympathique avec Pif, et tous les deux avec René, m'expliquent les principes d'aspiration au sakaflote."

Il fait beau, il fait chaud, et on peut enfin profiter du paysage. Y'a de jolis coins, et les maisons en pierre de granit rose sont particulièrement belles. On continue notre rando, et on arrive au ravito où on retrouve les avions de devant. Les coups de soleil apparaissent déjà et il vaut mieux se protéger à l'ombre. Ben oui, à force de prendre la crème solaire pour rien, elle est restée au gîte.
Pendant que nous digérons, pour ne pas changer, le Rocky Mountain de Poussin nécessite quelques bricolages de remise en état. Pierre rigole car "y'a pas à dire, Lapierre c'est quand même plus fiable..." Nous verrons plus tard qu'en fait...

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Vu que je suis plutôt en forme, Pierre part avec les avions jusqu'au ravito de l'après-midi : "On part donc avec le peloton de tête, en grappe. Y'a pas de place, on prend pas mal de risques pour doubler, je préfère nettement l'arrière de ce côté là. On s'arsouille dans une excellente descente caillouteuse et bien raide avec GiHel, Loïc et Pascal: GiHel à l'attaque dans les épingles, je double Loïc et Pascal me fait un block-pass en même temps. Ca frotte, c'est chaud ! On repart ensuite sur une belle côte, qu'on prend à fond (du moins pour moi: je suis aux taquets). GiHel, Pascal et Bonhomme de neige filent loin devant, et je garde Loïc en point de mire, mais il me distance de plus en plus. Arrivé au sommet, il m'attend, et on repart sur une descente raide avec du rocher et des marches: ça se suit à la queue leu-leu à 40 à l'heure, c'est n'importe quoi côté sécurité. Sur la fin de la descente, ça tabasse de plus en plus, et je trouve que Loïc commence à ne plus trop maitriser, je prends alors un peu de distance, on ne sait jamais... En bas, on prend la boucle supplémentaire pour aller voir un point de vue sympa de la Dordogne avec le Cantal en arrière plan. Quelques photos à la noix, on repart avec tous les avions."

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Pendant ce temps, je roule à mon rythme, plutôt cool mais je grappille quelques places à chaque descente et elles ne sont pas reprises, faute de montée. Je double le tandem coincé dans une épingle et m'énerve un peu contre un Belge qui ne se décale pas et me fait louper mon virage.
Fifi lui passe sans problème : "La première descente est géniale en lacets et en sous-bois, on se croirait en montagne. J'en pourris quelques-uns en coupant les virages, un peu limite. Par contre, la montée suivante, c'est une autre paire de manche, mais j'en ferai une grosse partie sur le vélo. Pascal des frappalimousins nous sort sa spécialité : la prise de photo en roulant, et en côte !"
Poussin me double sur du plat, impossible de le suivre, je le laisse filer en augmentant quand même un peu le rythme. Arrive enfin une bonne petite descente avec cailloux, ornières, racines et piétons en plein milieu. Le vélo est génial là dedans. Il vole presque. Mais Poussin en bas me crie de ralentir. En effet, ayant des pietons à gauche et à droite la trajectoire restante passe par une jolie marche que j'enroule. Juste le temps de croiser Pierre deux minutes en bas et je suis à nouveau seule.

Notre discussion a ralenti Pierre : "je perds 5mn sur GiHel et Loïc. Du coup, quand je quitte Claire, il faut partir à la chasse. Ca va être coton vu la forme qu'ils ont les cochons! On s'enfile une montée large, je croise Bonhomme de neige qui attend les autres Limousins à un deuxième point de vue et qui m'indique que GiHel et Loïc sont devant à 5mn, ils ne se sont pas arrétés. Je continue donc la chasse. Forcément, après une montée, ça descend, et là, c'est sur du bitume. Je pédale à fond pour essayer de rattraper mon retard, double en vrac quelques vttistes et arrive la montée suivante: un petit sentier super raide, avec de la mousse et des cailloux qui roulent sous les pneux. Et en plus elle est super longue ! Comme il est hors de question que je mettre pied à terre sur ce genre de confiserie, je m'arrache bien pour conserver mon équilibre et ne pas me foutre au tas dans les épingles. Arrive la route, je suis cuit ! Ca continue de monter et je suis désespéremment sur le 22/32 scotché à 5 à l'heure. Quelques centaines de mètres plus loin, je me fais déposer par Bonhomme de neige qui lui est à 13/15 de moyenne ! Là je perds la volonté d'essayer de relancer et de continuer la chasse. J'arrive au ravito bien fatigué. C'est là que GiHel et Loïc me sortent un "ha bon, tu étais derrière pour rouler avec nous ?" Enfoirés va !"

Restée seule, j'enfile une superbe descente dans les cailloux, bien large où le passage de la plaque fait exploser mon compteur. Je double plein de monde et puis, oups la montée arrive derrière et là catastrophe, la chaine se bloque impossible de passer le petit plateau. Il faut replanter le contexte. Il fait 30°, sans ombre à 14h, sans crème solaire. Après plusieurs passages manuels des vitesses je suis rejointe par Fifi qui me dit, je crois que c'est la butée mais j'y connais rien. Je suis bien avancée.
Je monte la côte tant bien que mal et on discute un peu jusqu'au prochain panorama. Souhaitant continuer sur ma lancée, je file devant. Le gaillard va bien mieux depuis qu'il a mangé malgré son mode touriste : "Je m'arrête partout pour prendre des photos, boire un coup, manger un truc. Je roule avec Claire, Pif étant à la chasse aux avions. Je fais un léger détour pour aller admirer les gorges de la Dordogne, cela valait le coup."

Je suis rejointe par Michel qui répare gentiment la butée du dérailleur. Poussin arrive pour graisser le tout et c'est reparti sur le vélo. Durant 100m. Puis jusqu'à la route, j'alterne vélo et marche. Celle-ci est raide, mais praticable, je me remets vraiment en selle jusqu'à un méchant coup de cul où je suis motivée par Gérard pour finir sur le vélo. Morte, je retrouve Fifi et l'on se dirige vers le ravito : "Je continue de rouler avec Claire. En haut d'une côte goudronnée, un énorme clébard surgit de nulle part et on manque de se faire bouffer. J'essaie bien de lui dire gueuler "Couché !", mais ça ne l'impressionne pas. On accélère, il abandonne la chasse, ouf. Dernier ravito de la journée, on arrive pour voir des maillots verts partir comme des flèches. Pas mal de monde fait du farniente sur la pelouse. "

Nous retrouvons Pif au ravito et voyons au loin partir les avions : "Pensant que cette montée aura un peu trop crevé Claire, je décide de terminer la dernière partie avec elle et d'attendre au ravito. Mais en fait elle arrive avec Fifi assez rapidement. Elle osera même dire qu'elle aurait pû être là plus vite si elle n'avait pas eu de problèmes de chaine avec mon Lapierre!"

Après s'être restaurés, on repart à trois. Y'a une bonne descente un peu technique, mais un tandem et un gus qui ne se décale pas nous empêchent de passer alors que Fifi file au loin.
Il nous attend pour attaquer la montée suivante, bien aussi dans le genre : "je m'arrête faire quelques photos d'un petit village désert, mais constitué de vieilles maisons. On se croirait dans un village de montagne, alors qu'on n'est qu'à 600 m d'altitude."
Après ces quelques pauses photo pour Fifi, dans ces endroits splendides et très bien restaurés, on continue de rouler à bon rythme, et on arrive à peu près frais au camping de Taisses. Même si les deux derniers kilomètres sont psychologiquement durs.

Après avoir soigneusement rangé les spads dans leurs voitures, les frappalimousins nous rejoignent pour ZE big apéro. Ils ont amené la glacière et les cahouètes. On va pouvoir écluser la bière Limousine... On discute un bon moment.
Etant plus en forme que lui malgré ma boitille, je file laver les vélos pendant que Pierre discute à l'apéro avec les Limousins: "On file ensuite au resto après avoir salué les limousins. Quelques bières, puis le barbecue avec de la viande Limousine à griller soi-même. Miam. Claire en a profité pour finir les assiettes des autres, apparemment, les 63 bornes du jour lui ont creusé l'appétit..."

Sur les conseils de Gihel, Fifi offre des T-shirt frappés aux deux jeunes en insertion qui roulent avec nous de manière extraordinaire. Ils ont d'ailleurs fabriqué une magnifique sculpture de vététiste en bois et l'offrent aux organisateurs. Les maillots sont un peu grands mais les deux gaillards sont ravis et ils le méritent bien

Après un peu de Karaoké par Pierrot, on retourne aux chalets, où on rejoint les autres pour un dernier "pschoutt" de rhum avant le dodo réparateur.

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Dimanche - 30 km Taisse Corrèze

N'ayant plus de batterie, c'est le GPS qui fait office de réveil.
Comme d'hab', 7h30, petit dèj', puis on fait les bagages pour leur transfert en fourgonnette jusqu'à Corrèze. 28 bornes au programme, le ciel est bleu, les coups de soleil font mal (voire même très mal) mais ça devrait aller.
Au petit déj' Fifi a croisé "les deux jeunes gaillards qui ont mis leurs beaux maillots verts. L'un d'eux vient me le faire admirer, tout fier."

On part en groupe, puis progressivement on perd un peu tout le monde. Le léger bourrinage et le soleil de la veille se font sentir. J'ai l'impression d'être à 5 à l'heure et ce n'est pas qu'une impression ! On retrouve enfin Poussin à Gimel-les-cascades, un superbe village. Il nous a attendu en faisant des photos. On repart et les chemins dans la forêt deviennent particulièrement sympa pour Pierre, moi je suis trop naze pour réellement apprécier : "single, zig-zag. Ca dépote. On arrive au ravito, le dernier du week-end, et là je réalise qu'il ne reste plus que 14 bornes avant de tout remballer. Va falloir en profiter un max." De mon coté c'est galère, la jambe ne tient plus mais je finirai ces 14 bornes sur le vélo !

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Pour Pierre c'est "le comble du bonheur. Ces 14 derniers kilometres sont une merveille: d'abord une descente fantastique constituée d'un single avec rochers, mousse, racines, branches, marches, cailloux, zig-zag, pente. Tout ce qu'il faut pour se lacher et en profiter à fond, d'autant qu'on est carrément à l'arrière et que les autres sont assez loin devant. Y'a même des panneaux "danger" et "attention" tellement ça dépote. Claire en profitera également pleinement, jusqu'à ce qu'elle chute sur une marche." La jambe tremblotante je décide de ne pas repartir sur le vélo. J'arrive au guet particulièrement frustrée de ne pouvoir m'éclater comme je le voudrais. Mais il faut être raisonnable. Les motards de l'organisation nous aident enfin surtout moi à traverser la rivière via une espèce de pont constitué d'un gros tronc et d'une rembarde faite d'une branche. Faut pas avoir le vertige...

Cette descente est de fait, un peu plus dure à négocier pour le tandem: "Le parcours s'avère par la suite le plus dur, le plus abrupt, le plus cassant et le plus superbe que je n'ai jamais vu ! On attaque une descente pierreuse interminable, qui serpente rudement vers les tréfonds oubliés du Massif Central ! On a bien du mal à prendre les virages étroits avec la longueur du bestiau. J'ai beau me pencher comme en moto pour passer le tournant, ça passe parfois mais d'autres non. Et puis moi je ne peux pas tourner le guidon du bazar derrière ; je voudrais bien mais c'est à déconseiller dans mon cas !
Dans le dernier quart de la descente je n'en peux plus. Je me sens très instable sur le tandem et j'ai vraiment peur de lâcher prise et de tomber dans le précipice qui me nargue sur la droite. Le René, il y va et c'est drôle de parcourir à ce rythme une descente pareille. Il est absolument certain que j'aurais fait tout à coté de mon VTT si j'avais été en solo."

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Pierre est boosté par sa descente et repart aussi sec "mais un méchant coup de cul avec de la boue nous attend: par deux ou trois fois je mets pied à terre: ça glisse trop. Ce petit coup de cul doit quand même bien durer 2km et en haut, on est un peu fatigués, et bouffés par les moustiques (enfin moi surtout). "
Pierre me motive tant bien que mal mais voit bien que "j'accuse le coup des trois jours précédants et ça devient dur avec un genou de plus en plus récalcitrant et douloureux. Je lui monte le vélo d'une main sur quelques centaines de mètres, et Gérard, arrive en moto et lui propose de monter." Hors de question de ne pas tout faire toute seule ! On arrive tout en haut, avec les motards aux fesses de temps en temps, mais on profite encore de ces derniers moments de chouette VTT.

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On arrive à Corrèze, bons derniers, mais en fait peu de temps après les autres. Je suis d'autant plus frustrée par mon genou. J'ai fais les 5 dernières bornes en ne pédalant qu'à gauche. Vive les pédales auto.

Pierre se restaure un peu. Puis après une bonne douche on charge la voiture et on repart, cette fois avec Loïc et Ivan, un parisien qui avait des soucis avec son train de retour. Pierre a un coup de fatigue sur l'autoroute et "passe un peu le volant à Loïc, puis une fois arrivés sur le périph': coup de fil dépité de Poussin: partis 20mn avant nous, ils sont 30mn derrière. Mauvais choix d'itinéraire. Pour une fois on sera les premiers arrivés !"

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Le 10 septembre 2006
Texte et réécriture : Claire
Citations (en rouge dans le texte) : Pierrot, Pif et Fifi
Encadré : Bonhomme de Neige
Graphisme et mise en page : Pif
Photos : Claire, Pascal, Fifi, GiHel, Pif, et Poussin

Et un grand remerciement à l'organisation irréprochable et géniale

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