L'Extrème-sur-Loue de 2006
Une rando... boueuse, vue par Butchou



Pour conclure une saison riche en sorties multiples ou sur des manifestations nationales, il fallait quelque chose d'un peu fou: un bain de boue à échelle 10 !

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Pour cette 8ème édition de l'Xtreme-sur-Loue tout avait bien commencé. Les Frappadingues étaient plus nombreux qu'en 2005. En plus des survivants de l'année dernière (Totof, Rodge et moi), le groupe était composé de Claire, Pif, Rémi, Phil62, Nico, Sébastien (alias mini-Totof) et Marmotte. Ce dernier ayant remplacé Loïc, qui pour la deuxième année consécutive n'a pû faire cette rando. L'autre absent était Fred, toujours pas à 100% après son accident de Métabief.

Le point de ralliement des frappés est le gîte "Le Chanet" à Ornans. Totof avait réservé celui-ci en 2005. C'est un gîte d'étape, pour 12 personnes. L'intérêt du gîte est d'avoir la possibilité de mettre les vélos à l'intérieur pour la nuit et de pouvoir prendre une douche après l'épreuve, prélaver les affaires… Après un arrêt culturel et gastronomique dans la belle ville de Beaune, Pif, Claire et moi retrouvons le reste du groupe au gîte à l'exception de Nicolas, encore à Besançon.
Lors du retrait des plaques, tout le monde regarde les différents profils des parcours 80 et 50Km. La moitié du parcours du 80Km et les 2/3 du parcours du 50Km sont communs. Deux montées de 500m de D+ chacune sont les grosses difficultés du long parcours. A cet instant du weekend, Totof, Rodge et moi sommes un peu déçus, car la météo est très clémente pour la région: il ne pleut pas et il fait bon.

Ode à la boue

Ils avaient prévenu ! On pourrait davantage parler d'Extrem sur Boue que sur Loue. D'ailleurs à notre réveil la dimanche, la Loue est plutôt boueuse. Elle sort presque de son lit. Les canards de la veille qui rêvassaient sur les berges ont disparu.
Il existe plusieurs types de boue:

La boue hyper liquide : Sorte de ruisseau creusé par la pluie, elle rend les cailloux légèrement glissants en côte. Puis une boue plus épaisse apparait. En fines couches sur un sol relativement dur. Glissante, sans trop gêner les mouvements. Les Mud auvergnats y excellent.

Arrive ensuite une boue liquide, argileuse et hyper glissante. Idéale pour attaquer une descente en devers ! Finalement la bonne vieille glaise bien épaisse et collante nous rattrape sur 2km. Une autre rando commence. Pédestre. Les mains boueuses glissent sur les grips boueux. On avance doucement. La boue scotche nos chaussures au sol. Elle bloque les roues tous les 3 tours. Il faut l'enlever à la main et tenter de retrouver du grip à nouveau. Pas facile.

La moyenne chute lamentablement. Le moral, lui, reste au beau fixe. Qu'est ce qu'on s'amuse ! De vrais mômes. Heureusement que les gros bras nous donnent un peu de répit en portant nos vélos. Mais même les mains vides. La traversée est rude.

Après la descente la plus lente de ma vie, à pousser le vélo en glissades, la pluie revient enfin liquéfier le sol. Et que la nature est bien faite ! Des torrents se sont formés juste pour que l'on puisse rincer nos montures avant d'attaquer le bitume.
Claire
Toute la semaine précédente la randonnée, les prévisions météorologiques annonçaient un beau temps. Mais les 3 participants de 2005, voulaient qu'il pleuve sur la région de la loue. La raison: tout l'intérêt de la randonnée Xtrem-sur-Loue est, en plus de voir un paysage qui inspira le peintre Courbet, de se battre contre les éléments. Une randonnée physique peut se transformer rapidement en chemin de croix pour un vttiste.
Le sacrifice des poulets par Totof commence à porter ses fruits alors que nous sommes sur une terrasse d'un café à siroter des bières par pichet de 3 litres. Quelques gouttes seulement mais le ciel se charge doucement au dessus de la vallée. Et les quelques gouttes se transforment en belle averse lors de la course nocturne par équipe de deux dans les rues de la ville.
Aquafab, le régional de l'étape, nous rejoint pour dîner ainsi que Nicolas et Amandine. La soirée se passe tranquillement autour de la grande table où entre les salades périgourdine, les croûtes, et les autres mets, tout le monde se remémore des moments de vtt, et même de découpage de titane, mais pas pour le vélo. Les flashs des appareils photos répondent aux éclairs de l'orage qui sévit dehors. Les conditions météo tant attendues sont enfin là. L'Xtrem sur loue 2006 sera une bonne cuvée…

Après une nuit rythmée aux ronflements de Rodge et Rémi, tout le monde se réveille à 7h. Il continue de pleuvoir, chose habituelle dans la région. Mais chose plus surprenante, la venue des pompiers dans le camping. Une canalisation, pompant l'eau directement dans la source de la loue a explosé dans la nuit, suite aux très fortes précipitations. Et c'est un ruisseau qui traverse le camping. On a du mal à y croire, mais c'est bien la réalité. Les participants du 80Km (Pif, Totof, Rodge, Marmotte, Phil62) se préparent en premier, le départ est à 9h. Le reste du groupe se prépare doucement, le départ est 40 minutes après les marathoniens. Et la pluie est fine ou forte mais toujours présente. En rejoignant le départ, on longe puis traverse la Loue. Elle est en crue, le débit est important, et sa couleur est passée du bleu au marron. Ça nous met tout de suite dans l'ambiance. En arrivant avant le point de départ, la course femme et junior s'élance sur leur parcours du 55Km. Car en plus d'être une randonnée, l'Xtrem sur Loue compte pour la coupe de France de XC Marathon (80Km pour les hommes, et 55Km pour les dames et les juniors).

Le speaker nous annonce qu'en raison des inondations, le 1er kilomètre est neutralisé, et que des conditions exécrables sont prévues pour la journée. Cela n'entache en rien notre moral. Le Patriot avec les garde boue Fifi's Style fait impression sur la ligne de départ. Faut dire que le pneu spécial boue à l'avant est impressionnant. 9h40, c'est parti pour 50km d'enfer, de boue mais pas de putréfaction. Les premiers kilomètres nous emmènent sur les bords, inondés, de la Loue. La pluie est forte, parfois violente. Nous sommes vite trempés, mais la température clémente nous permet de ne pas avoir froid. Des torrents s'écoulent des cotés du chemin. Le chemin est à certains endroits gorgé d'eau, le sol raviné. Le petit groupe de 5 roule à un bon rythme. On attaque la première montée qui nous emmènera jusqu'au premier ravitaillement. Au programme de cette ascension de 350m de D+ de la boue liquide, un peu plus collante mais aussi des passages de ruisseau. Ces ruisseaux ont grossi durant la nuit. Rémi et Nico, devant à l'origine partir sur le 80Km, roulent à leur rythme. Seb m'impressionne mais aussi me fait un peu peur en partant aussi vite. Connaissant la suite du parcours, je m'interroge sur sa forme en fin de rando. Je fais un peu l'essuie glace entre Claire et les autres.

Après une accalmie la pluie repart de plus belle, l'eau ruisselle dans la pente. La montée n'est pas trop dure, car assez régulière. Parfois des petites descentes où ça bouchonne, mais rien de bien grave. Une bonne ambiance générale même si certains essayent de passer entre Claire et moi, alors qu'il y a de la place à gauche…Le moral, le physique et l'envie sont bien présents. On arrive au 1er ravitaillement ce qui signifie fin de la montée. Au menu des abricots secs, du chocolat, pain d'épices, mais aussi morbier, saucisse de Morteau. Bref de quoi satisfaire tout le monde. Un point lavage de vélos est disponible. Rien à redire sur l'organisation. Des bénévoles en nombre, accueillant et souriant. Ce qui remonte toujours le moral par de telles conditions.

L'an dernier, mon calvaire avait commencé à ce moment. Un chemin impraticable car boueux était à l'origine de mon abandon. On ne repart pas par le même coté. Je me dit: cool on ne va pas passer par le chemin. Mais après un kilomètre on retombe dans le chemin. Et le calvaire commence. La boue est encore un peu liquide, mais le chemin remonte légèrement. Et la boue devient de plus en plus compacte. Il devient presque impossible de pousser le vélo. Les roues sont bloquées, des mottes empêchent leur rotation. Nico et moi aidons Claire et Seb à porter/pousser leurs vélos. Leur poids augmente d'environ 5 kilos par monture. Deux motards de l'organisation aident à passer les spads dans un passage difficile. Le seul fait de marcher est rendu difficile par la boue et le chemin en dévers. En plus d'y laisser des forces, on y laisse notre moral. Sébastien ronchonne et jure qu'il ne reviendra plus ici. Il faut avouer qu'avec des chaussures de skate, ça n'aide pas pour la progression dans la boue. On parvient tout compte fait à se sortir de ce bourbier. Mais le groupe a perdu beaucoup de temps. Et le calvaire n'est pas fini, loin de là. Car la descente suivante n'est qu'une réplique du bourbier. C'est un florilège de glissades et de figures improvisées. Les roues sont toujours bloquées. Et lorsque nous sortons enfin du chemin, la pluie redouble. En quelques instants, un sentier boueux mais assez sec, se transforme en pataugeoire. Je profite d'un ruisseau pour nettoyer mon vélo et celui de Claire. Le groupe s'interroge sur la suite de la rando. Le parcours devient roulant avec un chemin gorgé d'eau, des trous et des ornières remplis jusqu'à plus soif. Le passage de ruisseaux transformés en torrents est rendu un peu plus difficile. L'idée d'être mouillés est depuis longtemps oubliée. Tellement longtemps que Claire nous fait un plongeon jusqu'à la taille dans l'eau au passage d'une ornière. Au croisement entre un chemin et le parcours, la décision est prise: on bâche. Et pourtant le paysage est superbe avec ces crêtes qui sortent des nuages et viennent se détacher du gris vert ambiant.

[...] On continue, il ne reste que 9 km, d'après l'organisation c'est très technique il nous faudra au moins une heure.

On repart et je me prend une pelle dans un chemin liquide juste après le camion de la sécurité civile. Crac la cheville, j'ai du mal a reprendre mon souffle et je ne peux pas poser le pied par terre. ROdge veux aller voir les pompiers qui se trouvent à 100m. Je refuse, il reste 6 km je n'abandonnerai pas, sinon je serai obligé de revenir l'année prochaine, et ça c'est hors de question!

[...] Ensuite le chemin, défoncé et plein de caillasses mais sans boue, plonge vers la rivière. Avec ROdge on se lache, il rigole comme un bossu devant, cette descente est trop top. [...]

Nous sommes presque arrivés, la rivière dans laquelle nous descendons est vraiment grosse, de l'eau jusqu'au dessus du genou, le vélo est emporté par le courant, c'est super chaud. Ensuite il y a de grosses flaques de boue et ROdge manque de disparaître dans l'une d'elle.[...]

On passe la ligne, il reste du monde, on nous applaudit, Fab et Seb nous attendent, voila c'est fini, mais que ce fut dur.

Totof:)
On rejoint l'aire d'arrivée par la route, et on admire le paysage. Un rayon de soleil illumine la brume de la Loue. Bon on admire tout de même à presque 40Km/h lorsque l'on prend des relais comme des routeux.
Après le petit ravito d'arrivée, tout le monde repart avec un cadeau, sauf moi. On va laver le vélo. La machine pour laver les vélos c'est bien, mais pour des petits vélos, car seule la moitié basse du vélo est nettoyée à peu près. Bref on prend les tuyaux d'arrosage traditionnels c'est plus pratique. A noter qu'un petit lombric s'est glissé dans un des colliers Colson© de la fourche. On prend la direction du gîte pour se changer, prendre une douche d'eau chaude, ce qui nous change de la pluie de toute la journée.
En repartant pour déjeuner sur l'aire d'arrivée, on retrouve Pif et Phil62. Pif ayant eut un problème sur son pneu arrière est rentré par la route avant d'avoir fini l'ascension de la première grosse difficulté à mi-parcours du 80Km. Phil de son coté a préféré faire le 50Km au lieu de s'aventurer sur le 80Km. Aquafab est là avec son vélo de trial. On mange notre saucisse de Morteau, pomme de terre et cancoillote et le fameux flamby. Le groupe des 5 a le même sentiment : une énorme frustration. Car ce n'est pas le physique qui nous a empêché de finir cette randonnée, mais juste un chemin d'à peine 2km.

Sébastien et Aquafab attendent l'arrivée des 3 derniers (Rodge, Totof et Marmotte). Le reste prépare le retour sur la région parisienne. Sur la route, un coup de téléphone nous avertit qu'ils viennent d'en terminer avec cette 8ème édition après plus de 9h d'effort. Encore bravo aux bénévoles qui sont restés aussi tard sur les parcours, avec les conditions météo locales. Ils doivent être habitués. Alors revenir l'an prochain? Pourquoi pas, en évitant ce chemin. Mais ce fut surtout un excellent week-end entre frappés.


Le 22 octobre 2006
Texte : Butchou
Encadrés : Claire et Totof:)
Photos : Phil62, Rémi, Pif, Marmotte
Mise en page : Pif

Et félicitations à l'organisation

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