La Caussenarde 2005
Millau - Parc Naturel Régional des Grands Causses




Une journée mémorable dans le Larzac aux confins de la civilisation, une vraie bouffée d'oxygène
avec une grosse tranche de nature à l'état sauvage, un régal.



La préparation:

Pour préparer dans les meilleures conditions la Marmotte et pour voir où j'en étais question condition physique, il me fallait quelques sorties longues voire très longues. Depuis un moment, Christophe originaire de Villefranche de Rouergue me basinait ;-) littéralement avec cette rando, qu'il a déjà fait 2 fois (dont une, il y a fort longtemps avec un giant tout rigide). En plus, la distance de 130 bornes est assez insolite, peu de randos (et je le regrette) propose de telles distances, j'ai donc dit Banco!

Le dénivelé annoncé n'est pas énorme, environ 2300m de D+ mais ça s'annonce assez cassant avec pas mal de pierres et des vrais passages techniques. Avec Christophe, on avait finalement opté pour arriver sur place la veille, histoire de ne pas avoir à se lever trop tôt avec en prime la fatigue du trajet (3h pour moi depuis Cahors).

Le samedi après-midi démarre par le nettoyage, la lubrification et l'entretien du spad. Je prépare ensuite les affaires nécessaires pour cette équipée puis je pars cueillir des fraises chez mon oncle (une double rangée de 100m donnant à plein, je vous laisse imaginer…) pour le repas du soir. Je passes donc chez Christophe vers 18h00 et on part en convoi tranquillou, lui devant avec sa bx break et ma clio fermant la marche.

J'en profite pour ouvrir grand les yeux et profiter de ces paysages que je découvre peu à peu, en effet, je connais très peu l'Aveyron, département très étendu de surcroît. J'attends aussi de voir ce fameux Viaduc si aérien. Pendant le trajet, j'ai quand même une petite appréhension pour les passages techniques, mes vautres récentes n'arrangeant rien, je compte donc bien adopter un mode prudent.

La soirée:

Arrivés à Millau, toute l'organisation et le départ sont situés dans un grand parc ombragé, en centre ville. Des potes à Christophe, aveyronnais et habitués de l'épreuve sont déjà sur place avec caravane, popote, femme et enfants, en bref grosse organisation.

Y a donc Daniel 46 ans avec son Giant ATX865 qui paye pas de mine, costaud en montées et une vraie tête brulée en descente (mais il maîtrise), il y a Bruno, vélociste à Villefranche (Bouticycle) avec un GT, un peu moins péchu au niveau physique, gros fétard mais avec une bonne technique aussi. Il y a aussi en Vitus TS le vice-champion de l'Aveyron dans sa catégorie (46 ans aussi) qui est de la partie. En bref, du beau linge !

Après un peu de parlote, on part chercher le package aux inscriptions, le tee-shirt est payant mais il est très joli et pas cher, avec Christophe, on se dit : " On le mettra quand on l'aura finie, pas avant ! " Les potes à Christophe ont bien fait les choses : tables pliantes, repas chaud complet, alcools, couverts, rien ne manque. On entame la soirée par un apéro : bière et vin, perso, je me contente d'une 1664 et de gouter les vins, je veux quand même faire les choses sérieusement, rien de plus pénible que d'être mal sur une rando, surtout sur un 130km.

Au menu : saucisse sèche, pizza, quiche, pastas, salade, fromage, tarte, flan et mes fraises. En bref, on s'est rempli la panse pour le lendemain, pas forcément avec l'optimum pour des efforts de longue durée mais bon c'est pas non plus un championnat du monde… On discute de choses et d'autres et les blagues commencent à fuser, plus ou moins salaces, on se paie un fou rire rare sur une connerie, l'un des aveyronnais nous déclare :

" le fin du fin, c'est dans une église au moment où un long silence règne, en lacher un bien sonore et se retourner vers son voisin de derrière, l'air totalement outré "

On théorise sur cette situation : "et si on se retourne à deux vers le gars, ça serait encore plus drôle ? " "te mets pas au dernier rang sinon t'es mal ! " "t'as intérêt de pas rigoler sinon c'est foutu ".

On rit tellement à chaudes larmes que nos infortunés voisins en ont ras la casquette et nous demande jusqu'à quelle heure on va faire la fête. Les réponses fusent : " Eh les gars, c'est une rando pas un championnat du monde ", " Euh, le 25km c'est qu'à 9 heures " (XXL celle-là)...

La nuit:

Bon on est en tort, donc on finit par débarrasser la table puis se mettre au lit. Habitué des options root, je m'installe sur la pelouse pour une nuit à la belle étoile (sic) tandis que Christophe avec sa BX break va dormir à l'arrière, les autres ont choisi l'option caravane. Malgré les boules quies, je dors assez mal notamment à cause du vent qui souffle et qui refroidit l'atmosphère: tantôt j'ai trop chaud dans le duvet et tantôt en sortant les bras j'ai froid !

Mon lit 3 étoiles, euh belles étoiles

Celui de Christophe, plus élaboré, avec le petit dej tout prêt

Le réveil:

Réveil à 5h30 avec l'arrivée des voitures des organisateurs qui déboulent, je décide de me lever pour prendre au plus tôt mon petit déj, histoire de pas tout avoir sur l'estomac au départ. Petit à petit, le parc se remplit tandis qu'on s'affaire, qu'on s'équipe. J'hésite entre mon maillot Festina à MC, léger (pour le temps chaud) et un Helly-hansen mid-weight à ML. J'opte finalement pour le second un peu plus chaud et plus polyvalent. J'emporte en plus un Lafuma windstopper N2S. Voilà, tout est prêt pour le départ, après des ultimes vérifications : casque, gants, camelback, nécessaire à réparation, en-cas… Après une photo de groupe, on est parti, il est environ 7h15.
 
Les cacadales et associés

>Le départ:

La ville est encore endormie même si le soleil s'élance déjà fièrement dans le ciel. Le parcours est fléché avec des petites pancartes jaunes, on peut pas trop les louper, un bon point. Arrivé en bordure de la ville, on rentre de suite dans le vif du sujet avec en amuse-gueule, une ancienne voie romaine sur 400m de D+ qui serpente vers le plateau du Larzac. La majeure partie est goudronnée et ne présente pas de difficultés. La rando bifurque vers un petit sentier très raide où un bouchon se forme, on prend notre mal en patience et on pousse le vélo. Un peu plus loin, il y a moyen de remonter sur le vélo. Hop c'est reparti tandis que certains préfèrent continuer à pousser le vélo. Daniel avec son maillot de l'ardéchoise et son Giant ATX865 est juste devant sur le 22 tandis que je m'acharne sur le 32, je finis par le passer avec mon gros braquet. La pente s'achève en entonnoir et je dois mettre pied à terre avant la fin. Christophe est un peu plus loin, j'ai à peine le temps de dégainer l'APN pour le cadrer avec le viaduc qu'il nous rejoint. Les autres compères arrivent peu à peu.

On commence à prendre de la hauteur: vue sur Millau
La fin de la bosse, Christophe grimpe tranquille

La loose:

C'est parti pour du plat: Daniel en habitué des lieux, emmène suivi de Christophe… et se plante de chemin au bout de 200m : bien joué, on repart en sens inverse et au moment de rattraper le bon chemin, un petit relief sur le terrain propulse mon arrière-train à la verticale et bien vite la gravité provoque une collision frontale entre ma selle et le fessier, j'entends un bruit de ferraille de quelque chose qui tombe, je crains de suite le pire, je fais signe à Christophe et je m'arrête : d'abord je ne trouve rien de bien inquiétant puis horreur : je constate que le rail droit de ma selle est cassé : toute la partie arrière est partie !!!

Réfléchissons : je demande à Christophe s'il aurait pris une selle à tout hasard : eh non ! Les autres non plus, pas cool au bout de 7 bornes. Daniel en vieux routard de la Caussenarde m'indique qu'aux ravitos, il y a une assistance technique et qu'ils auront peut-être une selle : ça veut dire environ 20 bornes à faire avec une selle défaillante !

Il y a pas 36 choix : c'est soit s'accrocher à cet espoir soit abandonner et redescendre à Millau : putain j'ai pas fait tout ce trajet pour rien, je continue et on verra. Stratégiquement, je gagne un peu en confort et en sécurité en reculant encore plus la selle pour que le rail moribond soit plus équilibré par rapport au chariot. On repart, la position est particulièrement inconfortable, je suis constamment sur le bec de selle ou debout, les genoux travaillent trop je le sens, je ralentis alors le rythme. Christophe m'attend tandis que je me maudis d'avoir trop reculé la selle, il va vraiment falloir que je m'achète une tige de selle avec déport pour éviter ce problème.

Plus légère mais moins pratique pour pédaler

L'espoir:

Les kilomètres passent, le parcours est alors assez plat sur le Causse, je commence à m'habituer à la position, je reprends un peu le rythme mais je reste en dedans pour préserver le peu de selle qu'il me reste. Le plus pénible sont les rares montées que je dois faire soit en danseuse soit sur le bec de selle : pas cool alors que d'habitude je suis totalement reculé sur la selle pour enrouler le braquet tout en rondeur. Je serre les dents et j'évites de zieuter trop souvent le compteur pour éviter de miner un peu plus le moral.

Le ravito finit par pointer son nez sous la forme d'une grande tente envahi d'une horde de sportifs assoiffés et affamés. Je m'enquière auprès d'un bénévole de l'assistance technique : il m'informe qu'elle se trouve au second ravito à Nant, à facile 20 bornes de là. Et hop, un petit coup au moral, je décide quand même de m'accrocher à cet espoir, on s'alimente et on repart avec Christophe un peu avant les autres du groupe. Les plaquettes arrières neuves font de plus en plus de bruit, ça commence à m'agacer sérieusement, je planifie déjà au prochain ravito de se remettre les vieilles plaquettes.

La loi de la gravité:

Je suis tant bien que mal Christophe qui double à tout va, on finit par s'isoler quelque peu dans une partie à toboggan. Je repasse devant, dans une descente banale, un petit roc sur ma trajectoire fait arriver en butée la fatty et ma main droite pas totalement arrimée au cintre se désolidarise en prenant de l'avance sur le reste du couple vélo/bhdn.

Cela entraine un facheux déséquilibre que je parvins à contrôler sur une dizaine de mètres malgré l'absence de selle puis une autre pierre assassine m'achève, je me retrouve à terre le vélo derrière. Je me relève sans trop de dégats : le cuissard (quasi neuf évidemment) est déchiré sur la cuisse, une balafre de 15cm signale le frottement contre le sol amical du Causse.

Le spad a un peu morflé : la peinture de la fatty, le support du compteur a tourné, la potence n'est plus dans l'axe, le reste a l'air d'aller à peu près. Avec l'aide de Christophe, on procède alors au réajustage de la potence et au changement des plaquettes. Dans l'intervalle, les potes sont repassés devant.

 
Ca piquotte

La vallée de la Dourbie:

Cette nouvelle gaufre me remet définitivement en mode prudence +. On rattrape néanmoins nos petits camarades et on attaque une portion à flanc de pente (les corniches de la Dourbie) avec une montée super raide, personne ne passe tout le monde pousse et ça dure, et ça dure.

Christophe et Daniel sont devant, je sens que je pourrais accélérer la marche mais je n'en fais rien. La suite nous réserve de beaux passages techniques, je mène le groupe et je sens bien que derrière ça pousse mais je vous rappelle je suis en mode prudence +, d'autant qu'on est en sous bois, aux pierres, s'ajoutent des mini-souches qui dépassent à peine du lit de feuilles, bref je fais gaffe.

On débouche alors sur un superbe point de vue sur la vallée de la Dourbie et tout en bas, on aperçoit le village de Nant, 400m plus bas. Je prends quelques photos du superbe site puis c'est parti pour un single énorme, les panneaux prudence de l'organisation ne sont pas du luxe, le moindre écart, c'est dré dans le pentu, pour ne rien gacher, il y a des pierres partout, des souches coupées à raz, des épingles très prononcées et très pentues, il y a de nombreux passages où je passe soit à pied soit avec un pied à terre. Malgré tout, sur les passages moins chaud, je parvins à passer correctement.

La vallée de la Dourbie et le village de Nant
Autre point de vue sur cette splendide vallée

La délivrance:

La vallée se profile, la jonction avec le village de Nant (t'aurais du venir Fred) se fait par la route, j'en profite pour remettre la plaque tellement il me tarde de trouver une selle. Avec Christophe, on plaisante en évoquant une solution possible consistant à trouver un petit gringalet, le pousser dans le fossé et récupérer l'ustensile sur leaquel il pose habituellement son séant.

La place du charmant village est envahie de cyclistes qui discutent, boivent, mangent et se reposent avant la suite. Daniel arrivé avant m'informe que le réparateur n'a pas pris de selle… m**** alors ! ! ! ! Je vais voir ce monsieur au cas où il me trouve une solution miracle mais affairé sur un autre vélo, il évoque évasivement l'autre vélociste installé sur un des prochains ravitos.

Je commence à être désespéré, je me ravitaille pendant que je réfléchis. Christophe est parti demander à l'épicerie d'à côté s'il n'y a pas un loueur de vélo dans les parages : bingo, il y en a un à 200m bien planqué, on part voir, un des responsables comprend bien vite ma détresse enfin surtout dans quelle merde je suis : il me tend une tige de selle avec une selle, le tout antidéluvien mais bien costaud. L'option de lui rapporter le tout après la rando ne me tente guère : on commence par désolidariser la selle de la tige, ma thomson faisant parfaitement l'affaire puis je me propose de lui acheter la selle, il me dit de la garder et ne veut rien accepter. Un immense MERCI à ce monsieur que je ne remercierai jamais assez !

On monte alors la bête, on descend la tige de selle pour compenser la hauteur supérieure et c'est reparti : un bonheur de pouvoir retrouver une position convenable et " optimale " sur le spad.

On est en bas: on remonte

La bifurcation 80 / 110 se présente, on hésite pas, hop 110 ! Les potes sont repartis mais bien vite on les rejoins, ralentis qu'ils sont par la crevaison du vice-champion de l'Aveyron. On attaque alors une série de pentes assez longues sans être trop raides sauf la dernière qui en prime est farcie de cailloux, j'en passe les ¾ sur le vélo, tandis que pas mal de monde est à pied.

Je prends quelques photos en attendant les potes, je m'alimente aussi et on repart. Daniel trouve alors le moyen de coincer la chaine entre le petit plateau et la boite de pédalier. Le dégagement de la chaine est opéré avec une précision chirurgicale pour rien abimer. On repart alors et le programme nous réserve quelques côtes et belles descentes pas spécialement difficiles. Sur l'une d'entre elle, Daniel me fait admirer son sang froid, me pourrissant de façon magistrale malgré la présence d'un lit de graviers déstabilisateurs.

Un peu plus loin, il manque de s'en prendre une très très grosse mais évite heureusement le pire. On commence à sentir la fatigue dans les organismes d'un grand nombre de participants : régulièrement dans les côtes, un certain nombre trainent le spad tandis que notre fine équipe continue à mouliner tranquillement.

Daniel le costaud
Un pote à Daniel et Christophe

La Couvertoirade:

Le troisième ravito a pour cadre le splendide village de la Couvertoirade, une cité templière, mais avant d'y arriver une descente courte mais très très technique nous attend avec 2 très grosses courbes que je suis incapable de franchir (même Daniel les passera à pied) puis une marche de 2m avec cailloux sur laquelle certains me feront admirer leur belle technique, comme dit Fred, un jour j'y arriverai :-D.

La cité templière de la Couvertoirade
Bruno et son GT
Daniel et son Giant

Les organismes des potes commencent à accuser le poids des kilomètres et on reste un long moment à ce ravito, je commence à piaffer d'impatience, on repart, j'ai même un peu froid malgré le soleil car le vent commence à se lever. Sur la suite du parcours, c'est une alternance de petits sentiers type single, de chemins assez larges dans le Causse, encore des descentes et montées. Un raidard très cassant est l'occasion d'admirer la technique et le physique du vice-champion de l'Aveyron. Je ne pourrais faire de même, forcé à opérer un arrêt, mes précédesseurs préférant la montée à pince. Au fur et à mesure, en arpentant la montée, je me demande si j'y serai arrivé, avec toute cette traître caillasse!

Par contre, sur la bosse suivante plus roulante, je fais travailler au maximum de souplesse mes jambes, enrhumant nombre de gars trainant un braquet inférieur et personne ne peut ou ne veut manifestement suivre mon rythme élevé mais bien en deça du seuil ananérobie. Le sommet est l'occasion de constater la première défaillance du groupe, on ralentit le rythme et heureusement, le plus dur est passé, Daniel en maitre des lieux nous le confirme, le choix du parcours est vite fait: tous s'accordent pour rester sur le 110.

Evidemment, je suis venu pour le 130 et ma forme me paraît toujours intacte, les jambes répondent, pas d'acide lactique, pas de fatigue particulière, je demande donc à Christophe son choix, il hésite n'étant pas tout à fait au top de forme, il préfère attendre les 80 et le quatrième ravitaillement à la Cavalerie pour se prononcer, préventivement il ingère une topette et des cachets de sel pour les vilaines crampes.>

Vers la Cavalerie:

On continue en groupe, dans une descente technique, je perds un peu pied par rapport au groupe, notamment sur un décrochage de la pédale droite qui m'occasionne alors un choc malléole contre manivelle (je vous le recommande ça réveille). La suite est plus paisible et je reviens peu à peu sur le groupe, en file indienne sur les chemins large et exposés au vent. >

En file indienne à 30 à l'heure, je manque de m'en prendre une à l'entrée de la Cavalerie, n'ayant pas vu une pierre au milieu de la route, elle me déséquilibre presque au point de non retour : faut toujours être super vigilant en vtt. Le ravitaillement est en vue, je continue mon régime habituel : pain d'épice, fruits secs, coca et eau fraiche, je recharge le camel suffisamment pour aborder la boucle supplémentaire des 130km, je discute avec un gars qui en vante les mérites: une superbe descente en guest star (je n'ose pas lui dire que les descentes superbes donc techniques c'est pas trop mon truc mais le cœur y est). Qui dit descente, dit remontée, le gars n'omet pas la grosse montée très ardue sous le cagnard… mais ça, c'est plus mon rayon déjà.

Le petit "extra":

Christophe est partant pour la boucle supplémentaire, on y go. On sent de suite la différence avec le reste du parcours car il y a nettement moins de monde sur les chemins, pendant un long moment on roule seul, personne devant et personne derrière. La grosse descente se fait attendre, et au contraire, on remonte même, encore et encore. On se sent bien loin de la civilisation, pas une habitation en vue, à peine une route goudronnée et c'est tout. La descente en question se profile, elle est effectivement très sympa même si quelques passages sont assez ardus avec des pierres qui roulent, des marches, du vide par endroit, des épingles. La fin est vraiment technique avec du rocher formant 3 ou 4 grosses marches sur 5m de D-,, impressionnant!

Christophe un peu avant la descente technique
Bhdn au même endroit

Efforts de Titan:

On arrive alors à Ste Eulalie de Cernon, point de contrôle et de ravitaillement en eau : on en a bien besoin car maintenant c'est 300m de D+ avec une pente sévère qui nous attend. Au début, je reste en 32 mais bien vite je dois revoir mes ambitions drastiquement à la baisse tellement ça s'incline, la chaine se déplace vers la gauche de plus en plus, je me garde quand même la dernière denture en réserve et je monte tant bien que mal sur ce terrain piègeux. Je passe un mec et sa nana (la nana devant), Christophe restera en admiration en la passant d'ailleurs, faut dire qu'elle était pas mal physiquement aussi.

Je met pied à terre 3 fois quand même mais je parviens à chaque fois à répartir quelques mètres plus loin. Je double des gars qui n'en reviennent pas, surtout qu'ils prennent la trajectoire la moins usante et que je suis obligé de forcer sur le reste du terrain pas très collaborateur. Le dernier raidillon est l'occasion d'utiliser la combinaison 22*32, le petit chemin plat en suivant me permet de refaire bien tourner les jambes, je m'arrête ensuite à l'ombre pour attendre Christophe.

  Le village c'est Ste Eulalie de Cernon et la pente au dessus, ben faut la monter

J'admire le plateau avec sa maigre végétation, la quasi absence de civilisation, j'entends le bruit d'un vélo, Christophe arrive, content d'en avoir terminé avec ce gros gros morceau. Il nous reste une petite trentaine de bornes à parcourir et à repasser par le ravitaillement de la Cavalerie.

Une petite faim:

Pendant l'ascension de la dernière bosse avant ce patelin, l'appétit me vient d'un coup, d'un seul alors que jusqu'à présent j'avais eu très moyennement envie de manger, m'alimentant plutôt en liquide. Faut dire, il est déjà dans les 16 heures et après les efforts, rien d'étonnant. Normalement, quand ce phénomène arrive, on peut s'attendre à une grosse fringale derrière, hors là, l'organisme répond toujours bien, bizarre, bizarre. Prudent, je lève le pied sur les quelques kilomètres de plat à faire.

J'arrive au buffet, j'enfourne 4 tranches de pain d'épice dans la bouche, je bois du coca, mais j'ai toujours faim : aux grand maux les grands remèdes : hop sandwich paté puis 4 sandwich au roquefort frais (j'adore le fromage en général). Je reprends du pain d'épice, des fruits secs, je mange avec un bonheur béa, je suis bien tout simplement. Christophe se laisse tenter par un petit coup de rouge et en colore aussi l'eau de son bidon, ah j'aurais pas osé, chapeau!

Zoli viaduc:

On a bien pris notre temps mais il faut repartir, les premiers coups de pédales sont un peu raides mais petit à petit, la cadence revient. Christophe accélère alors sur les parties plates et je ne peux que le suivre, mon amour propre de débile m'interdisant de lever le pied… On recroise à nouveau pas mal de monde puisque cette partie est commune à presque tous les circuits, on se fait un malin plaisir à foncer le plus possible, au pied d'un raidard, je met les watts au taquet alors qu'un groupe important de riders peinent à monter, les pauvres j'ai dû les enrhumer…

On continue sur un rythme élevé, les kilomètres passent les uns après les autres et on débouche bientôt sur un promontoire d'où le viaduc apparaît dans toute sa splendeur : pause photo obligatoire, une ici, une là, non pas là c'est à contre jour. Malgré tout, on ne s'attarde pas trop, car on est pas de là-bas.

 
Bhdn et la vue sur le viaduc

Dernière descente:

S'en suit une longue descente alternance de passages à peu près faisables et d'autres beaucoup plus chauds, à flanc de montagne, sortir du single est interdit sous peine de dévissage immédiat. Certains passent avec une facilité que j'envie mais c'est à moi de progresser et puis c'est tout, enfin pour aujourd'hui, après les émotions du départ, on va assurer quand même !
 
Une partie de la descente (portion facile là)

C'est fini, snif !

La descente se termine déjà, on se retrouve dans les faubourgs de Millau, la civilisation est de retour, il faut alors revenir au parc du départ, cette portion est la moins intéressante du parcours, à faire attention aux voitures, aux stops et feux. A quelques encablures se trouve un groupe avec lequel on fait du yoyo depuis 40 bornes, on ne répond pas à leur accélération finale, on rentre dans le parc, on retrouve les potes à Christophe qui sont arrivés depuis un moment puisqu'ils sont sur le départ.

 

Quelques chiffres: plus d'un millier de participants, pour Christophe et moi: 8h15 de roulage, 2h30 d'arrêt, sans mes soucis, on aurait pu facilement gagner une demi-heure. 15 de moyenne, pas extraordinaire mais le terrain est quand même assez cassant même s'il était entièrement sec. Au moins 6 litres d'eau, pour les calories absorbées, j'ai pas fait le compte mais ça doit faire pas mal aussi.

On est très content d'en avoir terminé, assez frais physiquement même si Christophe sentait sur la fin venir les crampes. Un petit tour par la douche, quelques étirements, le rangement du spad qui est couvert d'une poussière rouge incrustée partout et on repart en convoi jusqu'à chez Christophe, préférant un repas chez sa maman plutôt que celui de la Caussenarde.

 
Poussière du Larzac sans OGM

Pour ma selle, je suis depuis passé chez Dkt qui me l'a échangé contre une neuve, que j'ai remonté sur le c'dale mais avec un recul un peu moindre pour éviter cette douloureuse mésaventure.

En conclusion, je suis content d'avoir fait cette superbe rando, un peu deçu d'avoir connu des mésaventures au début mais le vtt c'est ça aussi. Le principal est que tout c'est bien terminé, avec de bons souvenirs plein la tête. Bon c'est sûr j'aurais préféré passer moins de passages techniques en posant le pied ou à pince carrément mais j'ai pas encore le niveau, voilà tout. Sachant que le parcours change en général d'une année sur l'autre, je reviendrai bien pour découvrir encore un peu plus cette belle région.

En espérant ne pas vous avoir saouler avec ma prose à rallonge...

Juin 2005
Photos: Bhdn
Texte:Bhdn
Mise en page: Bhdn

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