Critical mass : PBN du 20 mars 1999

Un tout petit peu plus nombreux que prévu

Jusqu'ici les Paris-by-Night réunissaient dans leurs meilleures périodes une vingtaine de frappadingues.
Cette fois-ci, les nombreuses annonces faites par les médias (télévision, radio, presse écrite) ont porté leurs fruits, et on approché le critical mass.

Arrivé pile à 20 heures sour la tour Eiffel, je suis déjà surpris par le nombre d'inconnus qui attendent juchés sur leur spad le départ de ce PBN.
Parmi eux, bien sûr, les Frappadingues, mais aussi tout un tas d'inconnus.
La foule grossit, Lafourche préfère compter les vélos que les cyclistes. Finalement le chiffre est vité dépassé car les bikers continuent d'arriver.
Nous remarquons un gentil papa avec sa fille de 11 ans, aussitôt nous craignons qu'elle soit la première à abandonner. L'avenir nous donnera tort.
Seb est un peu pris au dépourvu avec sa bouteille de champagne, pourtant de grande contenance.
Rodge essaye de prendre tout le monde en photo, en vain, dommage pour la photo de groupe. Jeff est aux prises avec des poulagas en VTT, qui n'ont pas l'air d'apprécier les regroupements de cyclistes.

20h20, on donne le départ. Jeff, notre guide, précède un peu plus de septante bikers sur le Champ de Mars.
Le nombre est impressionnant, les rues semblent investies par une manifestation.

Nous envahissons l'esplanade des Invalides et traversons le pont Alexandre III.
Belle descente des marches qui mènent aux quais de Seine, encore boueux car la décrue est toute récente.
Le plan incliné pavé qui permet de remonter sur la rue offre une magnifique perspective sur la foule de bikers. Nous redescendons sur les quais.
Un passage par un escalier étroit en colimaçon permet au génie Lafourche de compter septante bikers, mais certains ont semble-t-il contourné ce passage bouchonneux.
Moment fort : quelques intrépides, dont Lionel et Laurent, bravent les quais inondés et roulent sur plusieurs centaines de mètres dans 20 centimètres d'eau de la Seine.

Nous passons en klaxonnant la place Dauphine et le Palais de Justice, puis retraversons pour gagner le Marais.
Là, je remarque d'autres cyclistes qui passaient par hasard, et qui s'intègrent au cortège. Au fur et à mesure de notre avancée nous sommes visiblement de plus en plus nombreux.
Mémorable passage sous les arches de la place des Vosges, dont nous avons fait le tour complet, ensuite le tour de l'Hôtel de Sens, puis nous retournons sur les quais de l'Ile-saint-Louis sur lesquels nous esquivons habilement un travelo.

Quelques minutes plus tard nous empruntons de grands escaliers face aux Arènes de Lutèce, puis nous remontons sur le rond-point en haut de la rue Mouffetard.
Moment féérique, les premiers de la troupe tournent sur la place, les autres suivent le mouvement, et rapidement la place se remplit de bikers qui tournent en rond.
Sur les terrasses des cafés, les consommateurs se lèvent pour nous applaudir, les flashes crépitent, les quelques automobilistes qui s'étaient aventurés dans le coin sont éberlués et le trafic est paralysé.
Nous redescendons comme des flèches la rue Mouffetard et faisons une petite pause aux Gobelins, avant de reparti pour la place d'Italie.
Sur le chemin, Pierre-Laurent et Jacques s'emmêlent les pédales et se retrouvent brutalement le cul par terre.

Nouvelle pause devant la gare d'Austerlitz. Je profite d'un concours de radar rue Buffon pour aller chercher deux cheeseburgers au fast-food qui fait le coin.
Les lâches en profitent pour se débiner à la bastille.
A la bastille, le cortège a souffert de quelques pertes, et pendant l'attente les chutes d'apprentis trialistes nous ont bien occupées.

Les premiers signes de fatigue se font sentir dans le 20e arrondissement, Bernard prend le relai de Jeff et guide la troupe.
Nous passons au bord du canal Saint-Martin lorsque des pucelles excitées par leur "boum" se mettent à gesticuler au balcon de leur appartement en criant des "Youhouuu", à quoi nous répondons en choeur "A poil ! A poil ! A poil !".
Ca y est, les premiers gros dénivelés arrivent. La courageuse de 11 ans commence à faiblir un peu, mais Thibault patiente en commandant une pizza. Hervé, Lionel et quelques autres, fatigués, nous quittent.
Quelques tours de pédale plus tard, en haut d'une grande montée, nous arrivons sur un point de vue magnifique sur Paris embrummé.
Rodge doit nous quitter car sa femme est crevée.
Pause clope pour Lafourche et Jeff. Bernard, lui, n'en a pas besoin car il clope en pédalant.

Le passage le plus étonnant de ce PBN : les quartiers pavillonnaires du 20e.
Les ruelles "villa" pavées éclairées par des lampadaires de style ancien, les pavillons de pierre, les magnifiques propriétés, les petits jardins, le calme qui contraste avec les quartiers que nous venons de quitter ; tout celà donne une dimension surréaliste à cette partie du PBN.

L'ascencion de la butte Montmartre est une rude épreuve pour notre plus jeune des bikeuses, il lui faut beaucoup de courage et d'applaudissements des passants pour parvenir au parvis du sacré-coeur.
Les marches qui font face au monument sont occupées par des marginaux, l'athmosphère est musicale et chaleureuse, on se croirait dans un pays latin.
Les nombreux tessons de bouteilles qui réfléchissent la lumière des réverbères nous dissuadent de faire la descente des escaliers, dommage.

Nous décidons de cours-juter le circuit car tout le monde fatigue, et nous repartons par le versant nord-est, puis prenons la direction des halles, fin de notre parcours.
L'arrivée à la taverne Sous-Bock effraie un peu les serveurs. Nous déponsons hâtivement nos spads contre un store métallique de magazin et fonçons sur les tables en terrasse.
La soirée s'est terminée à grand renfort de bières belges et irlandaises, de moules, de frites avec mayonnaise, de croques et de saucisses.


Rédaction : Serge Hartmann
Photographie : Roger Adrien

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