Les produits du lent toucas

Vous me direz "Pas la peine de se connecter sur le web pour les voir, les nouveau produits de l'an 2000". Eh bien si, justement !

À cela une bonne raison : en plus de ses activités louches au fin fond d'une sombre tanière aux murs suintants, dans les locaux des Cycles Jacky ("Aux Cycles Jacky, les VTT sont vraiment pas pourris!"), Pascal Paquet s'est rendu récemment au salon de Taipei, incognito, afin d'y glaner quelques produits bien léchés (là-bas, avec l'accent chinois, on dit "lichee") à présenter dans la vitrine des célèbres magasins de la région parisienne.

Évidemment, les trucs et machins les plus communs, ceux auxquels tout le monde s'attend, les bidules qu'on voit arriver gros comme une maison : pas besoin de les rechercher ici. Non.

Il suffit de consulter les magazines papier pour en voir des photos en couleurs avec un petit commentaire "allez Champs" (Ndlr. Hymne fotebalistique des supporters de l'équipe de Champs-sur-Marne, XXIIème division de déshonneur). Avec une petite préférence pour "Vélo Tout Terrain" qui nous en dit plus* !

Ceci dit, si nous avions compté sur Pascal pour nous présenter ces accessoires somme toute banals, nous aurions été déçus. Maître Réparetout a porté toute son attention sur des objets qui vous feront rêver, des pièces uniques d'une beauté diabolique.

Le peuple jugera !

Tout vététiste qui se respecte (et qui respecte la nature, mais c'est une autre histoire) est soucieux de la sécurité. La sécurité active, en portant un casque, à pointe dans certaines communes du sud de la France, en plomb le lendemain des Randobêtes®.
Mais surtout la sécurité passive, la moins fatigante pour les jambes parce qu'il n'y a qu'a attendre. Et c'est là que le bât blesse : le pays est bourré de voleurs, de bandits de grands chemins, mais aussi de bandits de single-tracks.

À cela, jusqu'à présent, aucun constructeur n'avait apporté de réponse satisfaisante, mais Pascal à dégotté dans une modeste échoppe au bord de Tien An Men Impasse, la seule réponse réellement efficace : le Volpaltopbik.

Cet accessoire est très pratique car il est livré avec un jeu d'enclumes de 75 kg, chacune étant munie d'un anneau avec une marque pour ne pas se tromper. Chaque enclume est personnalisée à la demande et peut être peinte par Troy Li (5 semaines d'attente quand même, mais pour un résultat à la hauteur) moyennant une poignée de yuans.

Comment fait-on pour s'en servir, me direz-vous ?

C'est très simple, il suffit de déposer (une seule fois suffit, avantage non négligeable !) une enclume devant la vitrine de votre boulangerie habituelle, une autre devant le bureau de tabac, une autre à l'entrée du trésor public, une autre au bistrot " Chez Jeannine, celle qui crie... ", une autre etc... Bref, vous l'aurez compris vous laissez une enclume partout où vous êtes susceptible de laisser votre vélo préféré offert à la convoitise des plus mal intentionnés de nos contemporains.

Après cela, il suffit de connecter le petit objet triangulaire (voir shéma) à l'enclume sans aucune chance de se tromper : il y a la marque aux anneaux (Ufolep). Vous voilà donc efficacement protégé contre le vol.

Et ce n'est pas tout. Pascal a aussi pensé à tous ceux qui ne roulent pas à Toulon, Orange ou Marignane, où, comme chacun sait, la mairie à interdit l'usage de la boue ailleurs qu'au centre thermal de "T'es-salaud-t'es-rapide".
Ainsi dès qu'il tombe deux gouttes de pluie, vous avez tous remarqué que les pneus s'alourdissent d'une gangue de glaise bien collante, qui si elle est particulièrement décorative dans le grand monde (à l'exception bien sur des commune sus-citées) n'en est pas moins lourdingue à tirer (qui a dit "comme la Mère Denis" ?).

Chem Tha Bou, petit accessoiriste d'extrême orient a pensé tout particulièrement à vous, Grenoblois qui devez pousser vos VTT dans la neige (voir photo) et aussi à vous Parigots qui devez pousser vos vélos dans la glaise sur la place de l'Hôtel de Ville, en inventant le Raclepneu. Autre avantage : si les crotinettes de la Mairie de Paris sont en grève, ça marche tout à fait bien avec les déjections canines et même avec le crottin de cheval ou de Chavignol.

Il s'agit d'un système très pratique qui s'installe sur les garde-boue en un klein d'œil, et qui se compose d'une chaîne galvanisée par les troupes, elle-même raccordée à deux tuyaux de cuivre recuit, munis chacun d'un robinet.

Ici encore, le principe est très simple : la chaîne râcle la surface du pneu et décolle la glaise (ou la neige pour les montagnards) au fur et à mesure qu'elle s'y colle. Ce système fonctionne à merveille autant en marche avant qu'en marche arrière, c'est donc le truc idéal pour nos amis trialistes qui passent souvent plus de temps à reculer qu'à progresser.

Les tuyaux sont emplis de dégivrant pour virer la neige ou d'huile de lit-coude (rare, cher, mais efficace, en provenance du moyen orient) pour lubrifier les patins de frein et éviter ainsi leur usure prématurée. Le tout est réglable en roulant à l'aide des robinets.

Seul petit inconvénient, il est obligatoire d'opérer sur les 2 robinets en même temps, ce qui force à lâcher quelques instants le guidon.

De même qu'un léger embonpoint, à peine quelques kilos en version chaîne titane, le constructeur nous a promis que la version de production corrigerait ces désagréments mineurs, en effet, nous n'avons testé qu'un prototype. Et lorsqu'on compare avec les innombrables avantages que procure cet ingénieux dispositif, nous savons tous aux Cycles Jacky, que notre stock ne risque pas de vieillir !

Le tandem en chaussures à talon, tout le monde a essayé un jour ou l'autre : c'est vraiment la galère. Votre femme a bien tenté de vous convaincre de chausser de préférence, et par ordre anti-trigonométrique :

  • des moon boots,
  • des chaussures de bossu,
  • des tongs,
  • des tiags à bouts ferrés,
  • des babouches,
cela ne vous convient toujours pas, vous tenez à votre petit confort sur les single-tracks.

Heureusement, notre Pascalinou préféré a pensé à vous en se baladant dans les allées du salon, au milieu des stands multicolores, des vendeurs de nems, des vendeuses d'ailes de poulet farcies, et des échoppes bigarrées, en découvrant un petit accessoire bien pratique : le repose-talon-aiguille.

Cet objet se compose simplement d'un réceptacle creux qui s'installe en un tour de rein sur la chaîne qui relie les pédaliers du tandem (voir notre shéma). Ainsi, le pied est tout à fait calé, bien mieux qu'avec les Time Atack Cardiak et vous permet de profiter au mieux du paysage, pendant que le pilote se concentre sur la conduite du véhicule. Son prix : 100 yuans ; vraiment donné pour une telle qualité de fabrication (alu 1856).

Sachez que, dès le retour de Pascal, tout le staff des Cycles Jacky l'avait d'ores et déjà adopté, nous n'attendons plus que les costumes de majorettes qui doivent parfaire le tableau ; seul un léger contretemps de notre fournisseur de tutus, la couturière Jacky Sardou, nous empêche de revêtir notre habit de lumière pour ce week-end. Cependant, à la prochaine rando, la JPG-JPG, le 30 mai prochain, nous serons fin prêts, venez donc nombreux pour constater en conditions réelles l'efficacité de ces nouveautés (sans oublier vos appareils photos),nous serons alors enfin habillés de manière décente pour un tel événement.

Nous avons gardé le meilleur pour la fin, avec ces deux nouveautés

La première est une roue d'un type tout à fait nouveau en occident, mais qui fait déjà fureur en Asie. Le génial inventeur de ce dispositif à pensé, faute d'avoir suffisamment de yuans pour se payer le dernier tout suspendu à la mode, à remplacer les rayons habituels par des ressorts.

Mais pas tous les rayons, seulement un sur deux ! En effet, souhaitant conserver une particularité sur son spad (qui aime voir le même vélo que le sien lors d'une rando ?), il à installé un petit pot de fleur entre chaque ressort. Dedans, poussent des pétunia, absents sur notre photo pour des raisons bien compréhensibles de protection du brevet, en alternance avec des gérania.

À cela, deux raisons. La première est que les gérania éloignent les moustiques, ces roues sont donc toutes désignées pour rouler dans le grand nord, en Islande, ou dans les steppes du Canada, où sévissent ces salopperies de bestioles. Les pétunias, c'est pour faire joli.

Au niveau confort, autant vous dire que c'est incomparable. Même notre TaupeBique en tuyaux de plomb (diamètre 18) passait sans coup férir là où le Raven 2 était à l'arrêt.

Un certain Gilou, pense d'ailleurs convertir son Or Beat de 1983 en tout suspendu à moindre frais en adoptant ces magnifiques roues. Calculez vous-même : en revendant le Raven et en achetant 2 roues de ce type, il y gagne d'au moins 45000 FF !

De notre côté, chez Cycle jacky, nous avons pensé à monter des pneus pleins en latex (ProPhyltex) afin d'assurer une meilleure stabilité et plus d'accroche dans les dévers, c'est vous dire !

Inscrivez vous vite chez nous pour les cours de devoilage a effectuer tous les 10km (quatre séances de neuf heures sans sortir de la classe, sans manger, ni pause pipi).

La dernière nouveauté que nous vous présentons relève de la très haute technologie électronique.

Et nous ne mâchons pas nos mots. C'est un scoop que nous somme seuls à vous présenter, en avant première mondiale, sinon universelle. Il s'agit d'un système qui permet de faire du VTT tout en restant assis dans la voiture, bien à l'abri des intempéries, voire en galante compagnie.

Je m'explique, mais regardez quand même la photo, je ne répéterai pas.

Le dispositif se compose d'un guidon avec bar-ends intégrés que l'on installe à la place du volant. La fixation est standardisée et s'adapte sur n'importe quelle Lada ou Trabant. Un emplacement spécial vient accueillir votre compteur Veta qui se trouve alors idéalement positionné face à vos yeux, toutes les lettres sont bien visibles.

Ensuite, vous devez revêtir une perruque en matière spéciale (le fabricant n'a pas voulu en dévoiler la composition, dommage) et une petite robe qui semble en mousseline blanche.

Que neni, la perruque, branchée directement sur le lobe pariétal gauche de votre cerveau, vous permet de ressentir toutes les impressions : visuelles, olfactives, gustatives (penser aux moustiques collés sur les dents) et même sensitives (ah ! qui ne se souvient pas avec émotion du doux contact entre les gencives et une potence en duralumin, alors que la roue mal serrée s'est débinée ?).

La pseudo-robe, quant à elle, vous retransmet toutes les vibrations engendrées par un terrain bien rocailleux. Il en existe un modèle pour homme, muni d'une braguette, et un modèle pour femme, sans braguette, mais avec une poche pour se gratter plus facilement à cet endroit.

Nous avons essayé : c'est réellement bluffant de vérité au point que l'essayeur criait lorsqu'il entamait la descente du Mont Blanc par les grandes Jorasses.

Nous autres, assis sagement à l'arrière du pick-up, étions morts de rire !

Après vous avoir alléchés avec ce premier contact, nous vous reparlerons très prochainement de ces ustensiles indispensables à tout Frappadingue qui se respecte (et qui respecte la nature), à l'occasion d'un essai complet à paraître dans Vélo Tout Terrain*.

* Euh, Luc, pour la pub, on s'arrange off line, ça ne regarde pas nos lecteurs ;-)

Rédaction : Hervé Klein
Scannerisation et retouche d'images : Roger Adrien
Mise en page : Serge Hartmann

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