La genèse du cotillon
(Panphlet)

À cette époque, il n’était rien. Pas de caleçon, pas de chaussettes (même pas SSL), pas de cadre mou, et encore moins jaune : rien de rien.
Même pas de frappadingues.

Les hommes attendaient patiemment au bistro, le temps que leurs tendres Sarah bande en aient terminé avec leurs sarabandes diaboliques (photo ci-contre).

À cette époque bénie, le temps passait si lentement que même les lapins ne produisaient qu’une portée par an, et encore, parfois même pas. Les hommes, quand ils Swatch n’attendaient pas au bistro regardaient leur montre, d’un modèle bien particulier (voir photo à côté). En effet, ce type d’horloge n’indiquait l’heure qu’à ceux qui savaient pédaler et avaient pris soin de fixer la pendule sur le pédalier, entre le grand et le petit plateau.

Dieu décida alors de créer le cuissard, afin d’éviter que les selles cinq loups ne blessent le tendre fondement, réputé fragile, de ses ouailles chéries. Il fit donc appel à un célèbre couturier du marais, celui qui d’ordinaire habillait les grenouilles en bénitier, les sangsues en véroles, les ratons laveurs en lave-glaces et les autres créatures saumâtres en glaires visqueux. Cuizard L’habilleur, qui se nommait Merlandini Anachrochèse, prit les mesures sur le premier cycliste qu’il rencontra, ce qui donna ça (voir photo).

Avit-il choisi avec suffisamment de discernement ? Rien n’est moins sûr, comme disait le citron vert. Il semble, à la réflexion, que le modèle original se soit passablement enivré de bière blanche et de flageolets juste avant la séance d’essayage (voir photo ci-contre) Essayache .

Cependant, satisfait, Merlandini en montra le résultat à Dieu qui, ému en rendit l’usage obligatoire pour tous.

Ce qui fut dit et fut aussitôt écrit.

Las, c’était sans compter sur les épouses des drôles qui crurent devoir se laisser pousser la panse en vue de remplir le vêtement tout à fait…


Afin de palier la stupide méprise, Dieu ordonna à sa maîtrise d’œuvre de créer de toute urgence une collection adaptée aux morphologies de ces êtres si délicats, vulnérables et néanmoins arrondis aux bons endroits. De cet instant, tout le royaume se mit à la tâche, du grand chancelier jusqu’au plus humble page.

Les aiguilles ayant chanté tout l’été, la collection d’automne fut dévoilée au monde ébahi, juste avant les grands frimas de septembre.

Les hauts pols On trouva ainsi un superbe bustier en peau de léopold de Gascogne, comme en témoigne ce cliché pris sur un couple de mannequin sœurs siamoises, culs de jattes et manchottes (pour des raisons bien compréhensibles de discrétion).

Seul hic avec ce prototype, l’odeur très spéciale de la peau du léopold, d’ailleurs bien connue des blaireaux, est très suave pour ceux qui se sont laissé pousser les ouies, aussi dès que les mannequins apparurent sur scène, ce fut la ruée, la foule en furie s’arracha le linge, croyant à une distribution de friture d’éperlans, réduisant dans la seconde en lambeaux, le merveilleux maillot.

Pour éviter que le même scène ne se reproduise à la présentation des modèles suivants, il fut décidé à grand renfort d’élections de mettre sous cloche à fromage, les prochaines défileuses.

Ce qui fut dit et fut aussitôt écrit.

Le défilé continuait sans vergogne, de sorte que les yeux et l’esprit étaient pleins d’allégresse. Pour vous satisfaire les sens, voici quelques extraits choisis de ce splendide défilé, où l’on n’y est pas pour se faire engueuler.

Tu niques ? Voici la superbe tunique dite " celle qui s’écrie quand elle se pique ". Avec une appellation si évocatrice de délices interdits, les soldes de janvier prochain vont se résumer à une émeute.
Pour en avoir, suivez mon conseil : placez dès maintenant votre fille cadette devant chez tati pour qu’elle commence à faire la queue (ce qui tombe à merveille car c’est le cartier le plus propice pour cela). Donnez lui un panier-repas, ou mieux un fusil de chasse et quelques cartouches, elle se débrouillera pour tirer la tourterelle et aura ainsi de quoi se sustenter jusqu’en février.

Fleury's Touch On présenta également cet élégant pourpoint dit " haut de sur le vent " (fabriqué en Alaska) dont l’étonnante propriété, outre un décors hors du commun dont seuls les fleuro-mérogissiens sont coutumiers, est d’offrir une très faible résistance au flatulences (d’ou son nom).

Enfin, les derniers manchottes disparues du podium, Dieu ordonna de nouvelles élections afin d’élire le maillot de la piste officielle (Ndlr. Il s’agit d’une piste parallèle où l’on ne se rejoint jamais, mais qui a l’avantage déjà d’exister et de permettre un retour cyclique d’échanges verbaux).

On commença par organiser un référendum en trois tours, afin de savoir s’il fallait des manches et une braguette. Pour bien comprendre toute la problématique de cette cruciale question, sachez que la braguette, convenablement apposée sur un maillot, permet aux femmes enceintes d’allaiter leur braillou sans lâcher le guidon. Une récente fabrique de plastok en a commercialisé un récemment sous le nom de Crame-El-Bach, en l’honneur du célèbre compositeur.
Les manches, vous l’aurez deviné, c’est pour pas avoir froid.

Après délibération, les avis étant partagés, on se décida pour des maillots à une manche, avec un zip pour faire punk, mais qui ne s’ouvre pas.

Jeanie Logo Il fallut alors procéder au choix essentiel de la moulosité du tissu. Une nouvelle élection à bras levé fut mise en branle, les bulletins devant comporter une seule croix dans la case  moule-burne : on nous prend pour des prunes ou dans la case Y’a du vent dans les poils .

Au bout d’un mois, le roi se résolut à trancher, les manchots et cul de jatte étant majoritaires, on n’avait que des votes blancs.

Enfin, le grand jour arriva où il fallu se décider pour un logo.
Un beau logo, qui plaise à tous.

Dieu, plein d’imagination proposa le sigle : "  Dieu : je vais vous en faire baver pour l’an 2000  ".
De nombreuses autres propositions fusèrent, du genre des logos ci-contre : Logola Logorhée

Cette fois-ci, pour éviter que les poulpes ne votent deux fois (voir huit, oui, ça s’est vu !) le scrutin à la proportionnelle indirecte tergiversée fut adopté, les voix devant parvenir à Dieu par e-mail. Comme ça : pas de jaloux.
Au bout de nombreux jours, dont nous n’avons pas gardé trace tellement c’est gonflant d’attendre les ceuss qui disent toujours être intéressés, mais finalement qui ne font rien pour concrétiser, on dépouilla la God’s mailbox.

Consternation, le sendmail avait merdé et le seul mail présent dans la boite aux lettres provenait d’un hacker roumain qui croyait avoir percé le site du pente-à-gone (Ndt. À l’époque, l’expression " à gone " voulait dire à fond).

Comme ça commençait sérieusement à râler, on trancha pour le dernier logo, celui des frappadingues.

Ceci fut dit et fut imprimé, sur des t-shirts. Chacun put alors passer commande, dans une belle pagaille, comme souvent lorsqu’il s’agit de mettre la main à l’oursin : les uns prétendant qu’ils avaient déjà versé deux fois au bassinet, d’autres que leur lettre était partie depuis plus d’un mois et qu’aucun vêtement n’était arrivé, d’autres encore que l’histoire ressemblait à une belle embrouille. Bref, ça jazzait dans le landernau…

Fâché ? Dieu, furieux (voir photo), tapa du poing sur la table et dans ses bienveillants excès décida que jamais les frappés n’auraient de logo à leur image.

Moralité : on a beau être frappé, on n’en est pas moins homme !

RV " Saint D’Esprit "

Merci pour leur collaboration photographique involontaire aux sites qui se retrouveront à travers les images dissiminées ici et là et pour l'emprunt desquelles ils ne me tiendront, j'espère, pas rigueur :-)
Visitez donc La France en cartes postales

Dernière modification : Thu Jul 1 01:20:58 MET DST 1999
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